Palmier à huile africain, Éléis de Guinée

Olaeis guineensis, est le palmier le plus cultivé au monde pour son huile de palme. Malgré de bonnes qualités écologiques, son agriculture intensive dévaste d’immenses surfaces tropicales et subtropicales. C’est aussi une belle plante ornementale peu rustique.

Palmier à huile africain, Éléis de Guinée, Elaeis guineensis

Botanique

N. scientifique Elaeis guineensis
Synonymes Elaeis dybowskii, Elaeis melanococcana
Origine Afrique tropicale
Floraison Toute l'année
Fleurs jaune crémeux, blanc cassé
Typepalmier
Végétationarborée
Feuillage persistant
Hauteur12 m max en culture, sinon 20 à 30 m

Planter et cultiver

Rusticité -11 °C minimum
Exposition ensoleillée
Solordinaire, résistant à la sécheresse en été
Acidité acide à neutre
Humidité frais à humide
Utilisationpalmier pour serre chaude, production d'huile de palme, alimentation, carburant vert
Plantationprintemps
Multiplicationsemis uniquement
Sensibilité papillon tueur de palmier, charançon rouge des palmiers
Palmier à huile africain, Éléis de Guinée, Elaeis guineensis

Olaeis guineensis, le palmier à huile ou élaeis de Guinée est un grand palmier subtropical appartenant à la famille des Arécacées. Il est originaire des zones tropicales du continent africain, présent dans les forêts plus ou moins ouvertes en zone humide de l’Afrique de l’Est et du sud-ouest. Le palmier à huile est aussi cultivé et exploité de manière intensive en Amérique du Sud et en Asie.

Du point de vue ornemental, il n’est adapté pour l’extérieur qu’en régions hors gel ou aux hivers très doux, sinon, lorsqu’il est encore assez jeune et avant qu’il ne soit géant c’est un très beau palmier pour un intérieur lumineux.

Description du palmier à huile

Elaeis guineensis est un palmier au stipe unique et droit de même épaisseur sur toute sa hauteur. Il peut atteindre 20 à 30 m de hauteur pour une épaisseur de 60 cm. Sa croissance est relativement rapide pour un palmier, notamment lorsqu’il est jeune.

Il porte une couronne régulière arrondie.

Ses feuilles, longues et pennées, mesurent de 3 à 7 m. Les rachis et les pétioles sont épineux. Les pétioles sont particulièrement épais et robustes, ils restent un moment sur le tronc alors que les palmes sont séchées et coupées avant de tomber pour laisser un troc plus lisse.

Les creux entre ces très robustes pétioles et le stipe sont très propices à l’habitat de plantes épiphytes (fougères, orchidées, broméliacées) ou à petits animaux : lorsqu’il n’est pas en monoculture, ni abondamment traité, le palmier à huile est favorable à la biodiversité.

Les inflorescences se développent à partir de l’aisselle des feuilles, l’espèce est monoïque, mais les fleurs mâles et les fleurs femelles sont sur des hampes différentes. Ces fleurs sont blanc cassé.

Les fruits sont charnus, des drupes orangées renfermant une graine dure : graines et fruit sont riches en lipides. Ces palmiers en produisent des quantités.

Les graines, noyaux ou amandes, sont appelées palmistes.

En zone tropicale au climat régulier, Olaeis guineensis produit 2 fois par mois, toute l’année, ce qui lui donne une extrême rentabilité.

Comment cultiver le palmier à huile ?

Olaeis guineensis n’est pas rustique : ses feuilles s’abîment dès que la température avoisine zéro degré Celsius. Sa culture en pleine terre est donc réservée au climat non gélif.

Il est tolérant sur la nature du sol qu’il supporte de très acide à neutre, voire légèrement alcalin, il accepte un sol sablonneux, graveleux, mais aussi bien une argile lourde. Il a besoin cependant d’un substrat toujours humide. En terre riche, il croît rapidement. Le palmier à huile a besoin d’ensoleillement, d’une exposition ensoleillée à mi-ombre, mais les jeunes individus supportent davantage l’ombrage.

Ce palmier ne développe pas un large chevelu racinaire, c’est pourquoi il est parfois cultivé en bordure de potager. Cependant, ça le rend sensible au déracinement par le vent, mais en contrepartie, permet de le cultiver plus facilement en pot. C’est à cause de ces courtes racines, que le sol doit tester frais à humide en permanence.

En tant que jeune plante avec un tronc court, Elaeis guineensis fait un beau palmier ornemental, au feuillage fin et souple, de croissance relativement rapide, à cultiver soit en zone climatique hors gel, soit en véranda, en serre tropicale ou dans grand hall commercial. Les formes panachées ou la variété Idolatrica, aux palmes non divisées sont très recherchées. D’autre part en serre, le creux de ses pétioles est idéal pour y cultiver des orchidées ou autres épiphytes. 

Utilisation du palmier à huile

L’huile de palmier

L’huile de palme, raffinée, est faite à partir de la chair du fruit qui contient 50% de matière grasse ; elle est largement utilisée en alimentation en tant qu’huile végétale : pour faire une huile de friture, de la margarine, de la glace, en graisse de boulangerie. Cette huile contient des acides gras saturés.

L’huile de palmiste, le palmiste étant le noyau ou la graine, a des propriétés différentes, proches de celles de l’huile de noix de coco. Elle a également de nombreux usages alimentaires.

Les huiles résiduelles du raffinage sont utilisées en cosmétologie, également pour produire des savons, et des détergents. L’huile de palmiste fait un savon de grande qualité.

En industrie, elle est utilisée comme lubrifiant et dans l’industrie du plastique.

Les huiles d’Elaeis guineensis peuvent être transformées en méthanol, substitut du diesel.

Les cœurs de palmier

Les cœurs de palmier de Elaeis guineensis sont consommés comme légume ; leur récolte entraîne la mort de ce palmier.

La sève récoltée en quantité lors de l’abattage est riche en sucre, elle fait une boisson fraîche ou est transformée en alcool fort.

Les usages médicinaux traditionnels sont assez nombreux en Afrique : l’huile de palme est émolliente, couramment utilisée dans les pommades. Les racines sont utilisées en tant qu’analgésiques.

Les palmes sont utilisées en chaume ou en vannerie.

Agroforesterie : Elaeis guineensis est utilisé pour la remédiation de zone dégradée, ou cultivée en mélange avec des cultures plus basses.

Comment semer le palmier à huile ?

En dehors de la multiplication in vitro, le semis est le seul moyen de propager ce palmier.

Les graines germent à la chaleur (entre 22 et 30 °C) et à l’humidité, mais en 3 à 6 mois. Ce qui demande de la patience. Chacune sera semée dans un pot individuel, qui doit être haut (on peut utiliser des bouteilles coupées). La terre sera riche, fertile et souple, pour que la racine s’enfonce sans résistance. Pour éviter de surveiller l’arrosage de ce pot de semis durant 6 mois, il sera couvert ou maintenu à l’étouffée.

Le saviez-vous ?

Si Elaeis guineensis est une formidable espèce végétale particulièrement utile pour l’homme, son exploitation industrielle est tout à fait désastreuse, humainement comme du point de vue de la biodiversité.

La forte productivité du palmier à huile a conduit à une large agriculture intensive qui détruit malheureusement des hectares et des hectares de forêts tropicales en Amérique, en Afrique et en Asie, c’est de plus une culture imposée le plus souvent sans respect des droits de l’homme.

Les conséquences humaines et écologiques sont catastrophiques.

Espèces et variétés de Elaeis

2 espèces dans ce genre

  • Elaeis oleifera, palmier à huile américain, une espèce rare de Guyane
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