Arécacées, Palmacées, Palmiers / Arecaceae

Palmiste de Cunningham, Palmier roi, Archontophoenix cunninghamiana
Palmiste de Cunningham, Palmier roi, Archontophoenix cunninghamiana

La famille des Arécacées, les palmiers, représente une grande famille de plantes tropicales en arbre monocotylédone. Plus diversifiées qu’on ne pense, les Arecaceae ont toujours eu une grande importance économique et ornementale. Aujourd’hui, plus de 100 espèces de palmiers sont menacées de disparition.

Les plantes populaires : Phoenix dactylifera, le palmier dattier, Chamaerops humilis, le palmier nain, Chamaedorea elegans, utilisé en plante d’appartement, Cocos nucifera, le cocotier

Les Arécacées sont des plantes à fleurs (angiospermes) monocotylédones appartenant à l’ordre des Arécales. Comme les yuccas ou les bambous géants, les palmiers représentent les arbres et arbustes de la branche monocotylédone. Les Arécacées sont apparues très précocement dans l’histoire des monocotylédones.

Le palmier montre une grande diversité d’espèces, mais il est si typique du point de vue morphologique, que chaque plante est reconnue très facilement en tant que palmier. Pour cette raison, on dit que les Arécacées forment un groupe naturel.

Les Arecaceae revêtent une grande importance pour les hommes qu’ils ont accompagnés dans leur développement ; ils l’utilisent pour se nourrir, pour se soigner, pour s’abriter, pour produire des objets ou encore en tant que plante ornementale.

Place de la famille des Arécacées parmi les autres

les Arécacées sont des plantes anciennes (fossiles du début du Crétacé) qui se sont séparées des autres très tôt dans l’arbre phylogénétique, au point que leur étude pourrait permettre d’approcher l’ancêtre commun entre les monocotylédones et les dicotylédones. Groupe diversifié, mais homogène, la famille des palmiers est isolée au sein de l’ordre des Arécales.

Distribution des Arécacées

les palmiers se sont diversifiés dans les climats tropicaux, mais quelques espèces sont de climat subtropical à rarement tempéré. Le plus souvent, ils habitent au sein de forêts tropicales humides, bien que certains se soient adaptés au climat aride ou semi-aride. Beaucoup d’espèces sont endémiques de petites localités et sont en générale en régression ou menacées à cause des hommes, de la régression de leur biotope.

Ils sont les plus nombreux dans les régions tropicales d’orient, puis dans les petites îles tropicales où il existe un fort endémisme, et enfin en Amérique du Sud. L’Afrique ayant subi une période très aride est beaucoup moins pourvue en espèces.

Enfin, Chamaerops humilis et le Phoenix theophrastii sont les 2 seuls palmiers présents en Europe. Cependant, des fossiles européens témoignent d’une ancienne période tropicale sur l’Europe.

Caractères généraux des Arécacées

Les palmiers sont les arbres monocotylédones, bien que les tissus lignifiés et leur structure soient totalement différents de nos chênes ou hêtres. Leur forme est caractéristique : leur tige est un stipe fibreux, et non un tronc aux tissus secondaires. Le plus souvent cette tige porte des cicatrices foliaires. La croissance est assurée par un bourgeon apicale, qui doit être protégé par des bases de feuilles, des épines et éventuellement des toxines, car la plupart des Arécacées ne se ramifient que par dichotomie (rarement) ou pas du tout, et une fois leur bourgeon terminal détruit, ils meurent incapables de produire un nouveau méristème.   Il y a évidement une exception avec le genre Korthalsia  : le seul genre qui ramifie librement.

Les principaux faisceaux de vascularisation sont disposés au centre de la tige : une caractéristique des monocotylédones.

La plupart des arbres monocotylédones développent quelques grandes feuilles aux bases engainantes : elles forment une couronne au sommet de la tige. Cependant, les palmiers sont plus diversifiés qu’on ne pense en forme, par exemple 1/4 des Arécacées sont des palmiers grimpants, dont les feuilles sont séparées par des tronçons de stipe.

Les feuilles des palmiers ou palmes sont pennées ou palmées, souvent poilues ou écailleuses disposant d’un rachis plus court ou long et d’un limbe plié composé ou entier. Les folioles peuvent être linéaires, aiguës, déchirées, ou en queue de poisson. Ces palmes deviennent très imposantes chez certaines espèces telles que chez Raphia farinifera, où elles peuvent atteindre 20 m de longueur.

Les inflorescences sont diversifiées de l’épi simple à d’énormes panicules. Elles se développent en périphérie de la couronne, ou plus rarement sont apicales dans le cas de palmiers monocarpiques (genre Corypha ou Metroxylon).

Les Arécacées sont monoïques ou dioïques, aux fleurs bisexuées ou non. Les fleurs sont formées par verticilles de 3 segments : 3 sépales, 3 pétales, 6 étamines. L’ovaire supère comporte 3 carpelles. La pollinisation est assurée par le vent, des coléoptères ou d’autres insectes selon les espèces.

Les fruits sont des baies ou des drupes, parfois de très grosse taille : le cocotier des Seychelles produit les plus grosses graines au monde : d’incroyables graines en forme de fesses de 20 kg !

Les plantes appartenant à la famille des Arécacées

Les Arécacées comprennent entre 2500 et 2800 espèces séparées en quelque 200 genres.

Si l’image du palmier est représentée par un tronc élancé surmonté d’une couronne de palmes, bien d’autres formes de palmiers existent : le palmier peut être arborescent (le plus haut Ceroxylon quindiuense originaire d’Amérique du Sud mesurent jusqu’à 60 m), arbustif formant de petits bosquets aux tiges multiples (Dypsis lutescens), acaule, c’est-à-dire sans stipe comme l’espèce africaine Podococcus acaulis, mais aussi grimpant.

Les palmiers grimpants représentent environ 600 espèces : ils ne sont pas volubiles, mais s’appuient sur d’autres arbres en s’accrochant avec des pétioles dirigés vers le bas et des épines souvent en crochets, ce qui leur permet d’atteindre la canopée. Ils sont ramifiés ou non, leurs feuilles sont séparées par des tronçons de tiges. C’est à partir des palmiers grimpants que l’on obtient le rotin. Ex le palmier grimpant ramifié Plectocomia himalayana, ou Desmoncus polyacanthos de la Guyane française.

Les palmiers sont actuellement divisés en 5 sous-familles ou 5 lignées évolutives, archaïques à modernes, subdivisées en 15 groupes naturels.

  • les Calamoideae, qui comprennent la plupart des palmiers grimpants ex Calamus tetradactylus, cependant comme il existe toujours des exceptions, Calamus erectus est autoporté.

  •  les Nypoideae contenant une seule espèce, Nypa fruticans qui a la rare particularité de se diviser par dichotomie

  •  les Arecoideae représentent la plus grande sous-famille comprenant une centaine de genres, généralement séparés en 6 tribus : Areceae , Caryoteae , Cocoseae , Geonomeae , Iriarteeae et Podococceae  ex Coco nucifera

  • les Coryphoideae (8 tribus) regroupent une grande partie des palmiers à feuilles palmées. Ex Rhapidophyllum hystrix

  • les Ceroxyloideae (3 tribus et 8 genres), ex Ceroxylon ventricosum, originaire de Colombie.

Utilisation des Arecacaea

Les Arécacées sont d’une grande importance pour l’homme qui les utilise depuis des millénaires. On estime même que la datte issue du palmier dattier en produisant un fruit riche et facilement transportable et qui se conserve, a joué un rôle fondamental dans le développement de la civilisation humaine en climat chaud.

Les palmiers sont utilisés pour produire un grand nombre de produits alimentaires ou non :

  • La fibre de raphia est produite à partir des feuilles de Raphia australis, entre autres (Madagascar).

  • Le rotin est issu des palmiers grimpants, par exemple du genre Calamus. Leur exploitation en dehors des systèmes cultivés a d’ailleurs perturbé les zones forestières, et certaines espèces sont menacées.

  • L’ivoire végétal est produit à partir des fruits particulièrement durs de palmier à ivoire d’Amérique, Phytelephas, ou d’Afrique Hyphaene.

  • Les rachis des palmes permettent de fabriquer des cagettes, les palmes servent de chaume.

Certains fruits sont consommés, la noix et coco, la datte…

  • La noix de coco produit aussi une fibre. Elle est également utilisée en paillage ou pour cultiver des épiphytes.

  • L’huile de palme provient des palmiers du genre Elaeis ..

  • Le cœur de palmier, délicat légume, est la moelle tendre prélevée sous le bourgeon de croissance : c’est d’ailleurs problématique lorsque le palmier n’est pas cultivé pour cela, car il en meurt.

  • Sont fabriqués également à partir des palmiers des vins de palme Jubaea  ; des colorants, des médicaments, la cire de carnauba…

Le palmier en tant que plante ornementale a un grand succès : il est associé au paysage de vacances et prend place dans les aménagements de nombreux jardins et villes en bord de mer. Les espèces les plus rustiques sont Trachycarpus fortunei et Rhapidophyllum hystrix et Sabal minor.

Culture et conservation

La conservation des espèces de palmiers menacées pose réellement problème, car leur cycle de croissance et de reproduction peut être long, ils se régénèrent malaisément lorsque l’on détruit leur habitat. Les graines, assez grosses, ne se conservent que peu de mois. Elles doivent être semées fraîches pour germer et ne supporte pas le froid, elles ne peuvent donc pas être conservées dans les banques de graines. Il faut conserver ces espèces en spécimens, dans les jardins botaniques, peut-être chez les amateurs avertis, bien que la concentration de plusieurs espèces peut conduire à des hybridations malencontreuses. 

Les collectionneurs doivent faire attention de ne pas acheter des graines sauvages, mais plutôt des graines issues de culture, car se procurer des graines récoltées dans la nature tant à appauvrir encore le réservoir d’individus naturels en empêchant la régénération. Plusieurs espèces de palmiers ont déjà disparu dernièrement et une centaine également sont menacées de disparition.

De même, il faudra se renseigner sur l’origine du palmier que vous achetez (notamment les espèces rares) pour être sûr qu’il n’a pas été arraché à son milieu naturel. Un palmier se rempote facilement dans un pot plus grand sans perturber les racines, mais supporte très mal une transplantation.

Nos fiches de culture

Archontophoenix

Arenga

Bismarckia

Brahea

Butia

Chamaedorea

Chamaerops

Chrysalidocarpus

Cocos

Cyrtostachys

Howea

Hyophorbe

Licuala

Phoenix

Roystonea

Sabal

Syagrus

Trachycarpus

Trithrinax

Washingtonia

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