Cocotier du Chili

Jubaea chilensis est le palmier le plus épais au monde ; le cocotier du Chili, avec son stipe mesurant parfois 2 m de diamètre, est un mastodonte très lent à croître. Rustique à -15 °C, il est cultivable en France en pleine terre.

Cocotier du Chili, Jubaea chilensis

Botanique

N. scientifique Jubaea chilensis
Origine Chili
Floraison avril, mai
Fleurs jaune orangé
Typepalmier
Végétationarborée
Feuillage persistant
Hauteur25 m avec une croissance lente

Planter et cultiver

Rusticité rustique, jusqu'à -15 °C minimum
Exposition ensoleillée
Soldrainant
Acidité acide à légèrement basique
Humidité ordinaire, résistant à la sécheresse en été
Utilisationpalmier de pleine terre
Plantationprintemps
Multiplicationsemis uniquement
Sensibilité papillon tueur de palmier, charançon rouge des palmiers
Cocotier du Chili, Jubaea chilensis

Jubaea chilensis, le cocotier du Chili, est un remarquable palmier à feuilles pennées, appartenant à la famille des Arécacées, unique espèce de son genre. Son aire de distribution se situe dans la zone centrale du Chili, où règne un climat de type méditerranéen avec un été long, chaud et sec et un hiver froid et humide.

Jubaea chilensis est un palmier de très longue durée de vie (1600 ans, estimée pour le plus ancien) et il détient le record d’épaisseur de stipe, très massif, exceptionnel chez une monocotylédone, absolument magnifique.

Sa distribution très australe lui confère une excellente rusticité. Il est donc cultivé depuis des années en climat méditerranéen ou océanique, et peut même avec une rusticité estimée à -15 °C prétendre à survivre un peu plus à l’intérieur des terres en Europe.

Description du cocotier du Chili

Jubaea chilensis produit un stipe massif haut jusqu’à 20 m, légèrement en forme de bouteille : c’est à dire épais sur sa partie basse et plus fin sous la couronne. L’espèce est monocaule, avec un unique point de croissance, incapable de survivre à l’étêtage ou à la destruction de son bourgeon terminal.

Son faux tronc ou stipe peut mesurer jusqu’à 5 m de circonférence (1 à 2 m de largueur). Il est d’autant mieux mis en valeur qu’il devient gris, presque lisse et légèrement annelé, lorsque les vieilles palmes tombent, ne laissant qu’un léger réticule de cicatrices foliaires.

Sa couronne plutôt conique, comporte 30 à 50 palmes à feuilles pennées longues de 2 à 5 m, aux nombreuses folioles alternes placés en V, vert au-dessus, et un peu plus glauques au revers.

Jubaea chilensis n’est mature, donc capable de fleurir, qu’à l’âge de 40 à 60 ans. Heureusement lorsqu’il fleurit, il produit des fleurs mâles et des fleurs femelles différenciées (monoïque), mais sur le même palmier, ce qui lui permet d’être autofertile.

Ses inflorescences sont longues de 150 cm, trapues et très ramifiées. Ces spadices brun rougeâtre émergent en été de l’aisselle des feuilles les plus basses. Les fleurs sont jaunâtres.

Les fruits sont ovoïdes et mesurent 3 cm de large. Ils sont comme des noix de coco en miniature : une pulpe orangée recouvre une graine dure contenant de l’albumen au goût de coco et du lait.

Même dans le sud de la France, loin de sa patrie, Jubaea chilensis parvient à faire mûrir ses fruits.

Le plus vieux Jubaea chilensis, situé dans le parc national Las Palmas de Cocalán au Chili, dans son aire de distribution, est nommé La Capitana ; il est âgé d’environ 1600 ans, son stipe mesure près de 2 m de diamètre au plus large et son houppier culmine à 28 m de hauteur !

Comment cultiver le cocotier du Chili ?

Jubaea chilensis a besoin d’une exposition ensoleillée et d’un sol, quelle que soit sa nature, qui soit très drainant. Il ne supporte pas les terres qui retiennent trop l’eau en hiver. Il apprécie un climat avec un été long et chaud.

Les cocotiers du Chili sont transplantés en pleine terre au printemps, dans une fosse profonde, en apportant du matériel de drainage mélangé à la terre du jardin. Il ne faut pas perturber la motte des racines, ne pas dérouler, ne pas ôter le substrat du pot qui doit rester autour des racines autant que possible.

Généralement, ce sont de jeunes sujets qui sont plantés puisque les sujets caulescents sont rapidement très chers.

Bien que très résistant à la sécheresse (lorsqu’il est bien enraciné), il croît mieux avec des apports d’eau réguliers pendant sa saison de croissance, et bien sûr, tant que ce palmier n’est pas repris, il faut arroser lorsqu’il fait chaud ou sec.

Sa rusticité est acquise jusqu’à -15 °C, cependant les jeunes sujets sont plus sensibles au froid et doivent être soigneusement protégés en hiver  : protection du bourgeon de croissance par rapport à la pluie + un voile d’hivernage.

De même, les jeunes sujets sont facilement sujets à la pourriture, le collet sera donc dégagé sur quelques centimètres, quitte à voir la naissance des racines les plus hautes, et on évitera de le mouiller en l’arrosant.

Jubaea chilensis est très lent a croître jusqu’à l’âge de 15 ans ; cependant, il se développe plus rapidement ensuite.

Comment multiplier Jubaea chilensis ?

Jubaea chilensis se multiplie par semis uniquement. Ses graines, des mini-noix de coco, germent assez facilement, mais sont extrêmement sensibles à la casse entre l’albumen et le cotylédon, donc à la manipulation, ainsi qu’à l’excès d’humidité.

Les coques peuvent être cassées, puis la noix sera trempée 1 semaine dans de l’eau, en la renouvelant tous les jours. Et enfin, la noix est semée, seule dans une bouteille d’eau en plastique transformée en pot de semis (avec trous de drainage), car il lui faut de la profondeur. La noix est posée sur un mélange sablonneux (terreau + sable) avec une poche 100 % sable grossier (et non salé) sous la graine ; ce substrat doit être juste à peine humide, et l’ensemble est couvert. Jubaea chilensis germe en 2 mois (ou davantage) maintenue à 28 °C. Dès qu’apparaît une pousse verte, il lui faut de la lumière vive. Le pot de semis est arrosé par trempage par le bas durant 2 heures.

La bouteille permet de transplanter le cocotier du Chili dans un grand pot (en la fendant de chaque côté) sans perturber aucunement les racines ni casser la jeune plantule.

Jubaea chilensis est maintenu généralement 3 ou 4 ans en pot profond avant d’être planté en pleine terre.

Jubaea chilensis, une espèce menacée

Si Jubaea chilensis était une espèce dominante et très présente au Chili au 16siècle lorsqu’il fut découvert, il est aujourd’hui en très forte régression, avec une distribution morcelée et la disparition de la majorité de ses individus les plus âgés.

D’une part, ce palmier à sève sucrée fut largement exploité pour produire un alcool de palme et du miel de palme (et pour cela décapité, donc mis à mort) et d’autre part, l’agriculture a fait disparaître les plaines où il pouvait se régénérer, ajouté à cela,  l’introduction du rat domestique qui se nourrit de sa moelle : cette population de palmier est devenue fragile, notamment du fait de sa lenteur à croître et à se multiplier, et à cause de l’amenuisement de son milieu de vie. Espèce menacée d’extinction, le cocotier du Chili est sur liste rouge de l’UICN.

Il est bien difficile pour des espèces qui vivent et se reproduisent sur plus de mille ans de survivre à l’homme… encore aujourd’hui un quota de cocotier du Chili peut être prélevé chaque année à condition d’en replanter 10 fois plus : comme si repiquer quelques plantes juvéniles était suffisant pour remplacer un arbre plusieurs fois centenaire...

2 ravageurs importants de Jubaea chilensis qui touchent également d’autres palmiers

Le papillon du palmier

Le papillon du palmier (Paysandia archon) a été introduit par exportation de végétaux provenant d’Argentine et ne connaît aucun prédateur ou régulateur naturels en Europe. Il s’attaque aux palmiers et finit par les tuer. Sa chenille, longue jusqu’à 8 cm se développe durant 18 à 24 mois, forant une galerie destructrice dans le stipe et les rachis des palmiers avant de de se transformer en papillon (de mai à septembre) de 11 cm de large, brun et orange ; ses ailes postérieures sont orangées avec une grande tache noire à ocelles blancs.

Généralement, ces papillons pondent de nombreux œufs sur un même palmier et les ravages ne se voient que plusieurs mois après (palmes jaunissantes, présence de trous et de sciure). Si rien n’est entrepris pour lutter, l’issue à long terme est souvent fatale, d’autant que les papillons naissants repondent. Il y a théoriquement obligation de détruire ou de soigner un palmier infecté.

Pour les particuliers, en dehors d’une lutte mécanique par curetage un peu compliquée  sur un grand sujet, le seul traitement possible pour essayer de sauver son palmier est sous forme d’une lutte biologique annuelle, à l’aide de nématodes parasites (Steinernema carpocapsae) : 2 traitements sont préconisés entre juin et juillet et 2 entre septembre et octobre.

Le papillon archon n’est heureusement pas encore présent partout en France.

Le charançon rouge du palmier

Le charançon rouge des palmiers ou "tueur de palmiers" Rhynchophorus ferrugineus est arrivé en Europe par défaut de quarantaine des palmiers importés pour raison économique ! Il est encore plus redoutable que le papillon archon, mais reste actuellement limité au sud de la France.

L’infestation de ce gros coléoptère orange de 3 cm, ne se voit que tardivement : elle est souvent mortelle.

Un arrêté stipule que toute présence ou suspicion de présence du charançon rouge doit être déclarée aux services chargés de la protection des végétaux. Et ensuite, ce palmier devra être traité (ou détruit) par des professionnels, et son environnement très étroitement surveillé.

Espèces et variétés de Jubaea

Espèce unique du genre et quelques hybrides horticoles :

  • Jubaea chilensis × Butia capitata, ressemblant à Jubaea mais avec une croissance plus rapide
  • (Jubaea chilensis × Butia capitata) × Syagrus romanzzofiana, bien rustique et de croissance rapide
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