La larve de coccinelle, une dévoreuse de pucerons

De plus en plus utilisées dans la lutte biologique contre les pucerons, les larves de coccinelles aident le jardinier à retrouver des plantes saines de manière très naturelle. Plus efficaces que les produits phytosanitaires, les petites bêtes porte-bonheur sont de redoutables prédatrices !

La larve de coccinelle, une dévoreuse de pucerons
La larve de coccinelle, une dévoreuse de pucerons

Une allié de taille au jardin

Il existe de nombreuses espèces de coccinelles dont certaines sont employées dans la lutte biologique contre les pucerons qui autrement dévoreraient allégrement les plantes potagères et ornementales. Chaque larve de ce magnifique coléoptère peut en effet dévorer jusqu'à 200 pucerons par jour, alors qu'une coccinelle femelle adulte peut en consommer jusqu'à 50 et pondre 20 à 60 œufs par jour qui donneront à leur tour de nouvelles larves.

Les coccinelles sont dites 'aphidiphages', c'est à dire que leur régime alimentaire est essentiellement composé de ces parasites très destructeurs au jardin. En effet, les pucerons qu'ils soient noirs, jaunes, ou verts sont des insectes piqueurs-suceurs qui affaiblissent les plantes en ponctionnant leur sève. Ils sont en outre vecteurs de maladies dont la fumagine et de certaines viroses et bactéries, d'où l’intérêt pour le jardinier de s'en débarrasser efficacement.

Une lutte biologique rondement menée

Chaque espèce de coccinelle vendue en lutte biologique a ses spécificités qu'il faudra prendre en compte selon les plantes et les parasites à cibler, car en plus de manger des pucerons certaines d'entre-elles apprécient aussi les cochenilles.

Le stade de développement a aussi son importance, de l’œuf à l'adulte en passant par la larve, chacun a ses avantages et ses inconvénients. La réussite de ce procédé de lutte biologique dépend donc d'un bon discernement à la base et d'un minimum de connaissances.

Les espèces :

  • Adalia bipuncta, la coccinelle à deux points, tantôt noire à points rouges, tantôt rouge à points noirs, apprécie de nombreux milieux dont les arbres. Elle est à recommander au verger mais aussi au jardin d'ornement où elle débarrassera vos beaux érables, tilleuls et rosiers de leurs pucerons.

  • Hippodamia undecimnotata, plus connue sous le nom de 'Coccinelle migratrice' est une des rares espèces à consommer les pucerons jaunes du laurier rose sans pâtir de leur effet toxique. Appréciant la végétation basse, cette coccinelle convient aussi très bien au potager ou dans les massifs.

  • Coccinella septempunctata, la coccinelle à 7 points est la plus connue dans les jardins. Assez grosse pour être observée, sa larve est particulièrement vorace. Très active dès 15°C, elle peut être utilisée dès le printemps pour lutter contre les redoutables pucerons noirs qui attaquent les haricots, les pois et les fèves. Elle assure aussi un travail impressionnant sous serre où elle est particulièrement indiquée. Elle peut également sévir sur les pucerons des rosiers et dans les massifs de plantes basses.

  • Exochomus quadripustulatus, est appelée Coccinelle à virgule car son corps noir présente une virgule rouge sur chaque élytre. Cette espèce est spécialisée dans la consommation de pucerons lanigères et de cochenilles pulvinaires (Pulvinaria regalis, Pulvinaria hydrangea...). La coccinelle à virgule est préconisée au verger pour lutter contre le puceron du pommier, mais aussi au jardin d'ornement et en serre où les cochenilles sont nombreuses.

  • Rodolia cardinalis, une coccinelle venue d'Australie, légèrement velue, est utilisée contre les cochenilles dans les vergers produisant des agrumes. Elle est très efficace sur les mimosas atteints de cochenilles ainsi que sur les plantes comme le Ficus benjamina ou les cactées qui attirent ces parasites.

Les stades d’évolution :

  • Les œufs de coccinelles sont moins chers à l'achat et sont plus résistants lors du transport que les larves et les adultes. Ils sont aussi plus faciles à introduire dans les cultures.

  • Les larves sont préconisées en cas d'attaque déclarée. Elles agissent en 48 h et ont un effet assez spectaculaire puisque chacune d’entre-elle peut dévorer 200 pucerons par jour. Les mettre en place demande un temps d'apprentissage mais le coup de main vient très vite. Elles sont placées sur les végétaux à l'aide d'un petit pinceau individuellement. Certaines sociétés proposent des larves conditionnées sur du pop-corn (et oui!). Cette étrange présentation permet de placer le pop-corn directement sur la plante, à vous alors de trouver le bon équilibre et d’éviter les coups de vent !

  • Les imagos (coccinelles adultes) ne consomment que 20 à 50 pucerons par jour mais sont faciles à mettre en place et résistent mieux aux fourmis que les œufs et les larves. Les coccinelles adultes vont se reproduire et pondre 20 à 60 œufs par jour, les larves seront donc très nombreuses et pourront à leur tour se reproduire une fois adultes.

Les bonnes conditions d'utilisation

Les coccinelles sont très efficaces contre les pucerons et certaines cochenilles mais il faut toutefois appliquer quelques précautions pour que le traitement biologique soit optimisé :

  • évidemment, il serait inutile d'utiliser des êtres vivants comme les coccinelles si en parallèle des pulvérisations d'insecticides étaient pratiquées. Ces produits peuvent être actifs plus de deux semaines, ne l'oubliez pas avant de commander des coccinelles ;

  • installez les œufs, larves ou adultes dès réception du colis, ou si cela n'est pas possible, placez la boite au réfrigérateur et libérez les insectes dans les 48h ;

  • si votre jardin est infesté de fourmis, attention ! Les fourmis se nourrissent du miellat émis par les pucerons et les cochenilles, elles les protègent donc de leurs prédateurs avec virulence (Cf. 'Des fourmis, des cochenilles, des pucerons et des coccinelles').

    Il est donc préférable de s'occuper des fourmis, par exemple en employant de la terre de diatomée au pieds des plantes ou dans les fourmilières, avant d'introduire les larves ou les œufs de coccinelles. Les adultes arrivent mieux à se défendre face aux fourmis, il faudra donc les préférer si vos plantes présentent ce genre de symbiose !

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