Xylella fastidiosa, une bactérie mortelle pour les végétaux

Lauriers roses infectés par la bactérie Xylella fastidiosa
Lauriers roses infectés par la bactérie Xylella fastidiosa

S'attaquant à un très large panel de végétaux, la bactérie Xylella fastidiosa représente une préoccupation majeure à l'échelle mondiale pour de nombreuses plantes ainsi que pour tous les professionnels du secteur.

Xylella fastidiosa, une bactérie virulente

Cette bactérie phytopathogène s'attaque au xylème c'est à dire au tissu végétal conducteur de sève brute gorgée d'eau et de sels minéraux provenant des racines vers les parties aériennes. La plante est donc soumise à rude épreuve en présence de la bactérie.

Plus de 200 espèces de végétaux sont concernées par cette bactérie qui se divise en six sous-espèces ayant chacune des plantes hôtes bien spécifiques. Oliviers, vignes, agrumes, chênes, lavandes, lauriers roses, myrtes, éléagnus sont en danger, ainsi que de nombreuses autres plantes dont vous trouverez la liste sur le site de la Commission Européenne.

Se transmettant par le biais d'insectes piqueurs/suceurs, la bactérie est contagieuse et virulente puisqu'elle peut provoquer rapidement la mort de la plante selon la souche et l'écosystème dans lequel elle se développe.

Aucun moyen d'éradiquer cette bactérie n'a encore été déterminé bien que des recherches soient actuellement en cours.

Mode de transmission de Xylella fastidiosa

Le mode principal de contamination est la vectorisation par des insectes piqueurs/suceurs de l'ordre des hémiptères comme les cicadelles, cercopes, aphrophorides et cigales qui ont la capacité physique grâce à leur puissant rostre de s'enfoncer jusqu'au xylème pour le ponctionner. Cependant ces insectes vecteurs sont encore peu déterminés, 120 espèces sont soupçonnées de vectoriser la maladie en Europe dont une cinquantaine en France. Unique espèce a constituer un vecteur certain de la maladie : le cercope des prés (Philaenus spumarius). Il se rencontre dans toutes sortes d'écosystèmes et se régale de milliers d'espèces de plantes.

La contamination est effectuée dans un ordre bien précis : l'insecte aspire la sève d'une plante infectée, la bactérie se développe dans sa cavité buccale, puis l'insecte transmet la bactérie en se nourrissant sur un autre plante qui était jusqu'alors saine.

L'insecte vecteur peut transmettre la bactérie immédiatement après s'être nourri d'une plante contaminée, mais aussi durant plusieurs semaines suivant la contamination puisqu'elle se développe allègrement dans son appareil buccal au fil du temps, sans oublier que les larves issues d'un insecte contaminé peuvent aussi transmettre la maladie.

Bien sûr la multiplication par bouturage, division de touffes, marcottage ou autre est une source majeure de propagation de la maladie tout comme l'exportation de végétaux contaminés dans une zone saine.

Xylella fastidiosa n'a aucun impact sur la santé humaine ou animale.

Lutte contre Xylella fastidiosa

Une directive européenne a été mise en place afin de limiter la propagation de la maladie entre les pays et les régions.

Ainsi, la sortie de tout végétal potentiellement sensible à la maladie est interdite dans les zones délimitées. Un arrachage et un brûlage des plants infectés doit être systématique.

En France, un Plan d'action Xylella fastidiosa 2018-2019 a été mis en place par le Ministère de l'Agriculture pour lutter contre la bactérie qui sévit déjà en Corse et en région PACA, notamment sur des oliviers, les polygalas et les myrtes. Dans ces régions, il s'agirait de la sous-espèce de Xylella fastiosa nommée 'Multiplex'.

Historique du développement de la maladie

Aux États-Unis la bactérie est bien connue et ce, depuis des siècles, puisque dans les années 1880, elle dévasta de nombreux vignobles californiens sous la forme de la maladie de Pierce dont Xylella fastidiosa est l'agent.

En Italie, un foyer avait été détecté dès 2013, dans la région des Pouilles, sur des amandiers, des lauriers roses et des oliviers. La souche incriminée n'était autre que X. fastidiosa ssp. Pauca, une des plus contagieuses et virulentes.

La première contamination a être détectée en France, plus exactement en Corse en 2015, sur un Polygala myrtifolia à Propriano, a permis de déployer un plan de surveillance de tout le territoire. En 2017, la bactérie est bien présente en Corse et en région PACA sous sa forme 'multiplex'.

Depuis, quatre pays européens (France, Italie, Allemagne et Espagne) demeurent sous haute surveillance car la bactérie y sévit.

Une carte interactive (https://shiny-public.anses.fr/Xylella_fastidiosa/) est à la disposition du public. Elle permet de connaître les régions infectées et donc les zones délimitées par la réglementation européenne qui interdit la sortie de toute plante sensible à la maladie afin d'éviter sa propagation dans des zones encore non-infectées.

Quels sont les symptômes de Xylella fastidiosa ?

Les symptômes de cette maladies sont très variés et parfois peu spécifiques ce qui complique sa détermination. Elle peut être confondue avec diverses autres pathologies comme la chlorose, le Botrytis, la flavescence dorée, la fusariose... Des analyses en laboratoire aideront alors à établir la cause des symptômes en cas de doute.

Les symptômes suivants sont les plus courants :

  • Des tâches chlorotiques peuvent évoquer la présence de la maladie. Un limbe très pâle, marbré de tâches plus vertes doit alerter.

  • Un brunissement foliaire partiel débutant sur le bord du limbe ou la pointe des feuilles et se propageant est un autre symptôme. Le dessèchement des rameaux suit lors du stade avancé de la maladie.

  • Un non aoûtement au niveau des nœuds d'une plante ou une réduction des entre-nœuds doit inspirer une grande vigilance.

  • Un port retombant, un jaunissement ou un rougissement des feuilles constituent d'autres signes d'alerte.

Vous trouverez ici un document PDF pour vous aider au diagnostic de la maladie : Guide de reconnaissance des symptômes de Xylella fastidiosa (PDF, 2.95 Mo)

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