Rhipsalide, Plante gui, Plante corail

Le genre Rhipsalis contient de très beaux cactus retombants, non piquants, diversifiés, qui fleurissent aisément et acceptent la culture en tant que plante d’intérieur non loin d’une fenêtre : une version tropicale des cactus.

Rhipsalis cereuscula en fleurs

Botanique

N. scientifique Rhipsalis
Origine Amérique du Sud, Amérique centrale
Floraison en fonction des espèces, le plus souvent souvent en dehors de l'été
Fleurs blanc, rose, rouge
Typecactus épiphyte
Végétationvivace
Feuillage pas de feuillage
Hauteur20 à 100 cm

Planter et cultiver

Rusticité non rustique, 1 °C minimum
Exposition lumineuse, sans soleil direct
Solrelativement drainant
Acidité légèrement acide à neutre
Humidité frais, arrosé régulièrement
Utilisationserre tempérée à chaude, intérieur lumineux, extérieur en été, plante verte en suspension
Plantationprintemps, été
Multiplicationbouturage, semis
Sensibilité les cochenilles
Rhipsalis cereuscula en fleurs

Le genre Rhipsalis est représenté par 55 à 60 espèces qu’on considère comme arbustives, bien que d’apparences très vertes toute l’année. Ils font partie de la famille des Cactacées, ce sont donc des cactus, avec quelques soies à la place des aiguillons, le plus souvent retombants, car épiphytes.

Les cactacées sont des plantes anciennes, à la morphologie néanmoins très évoluée, le genre Rhypsalis fait partie des cactus les plus anciens. Mais on connaît peu leur histoire, puisqu’ils se fossilisent très mal et de manière rarissime.

Les Rhipsalis font de belles plantes d’intérieur, originales et graphiques à suspendre non loin d’une fenêtre ou à poser en hauteur. Les plus couramment proposés sont faciles à vivre. En cherchant bien, de nombreuses autres espèces moins connues offrent une agréable diversité de forme.

Distribution des Rhipsalis

Les cactus du genre Rhipsalis sont distribués en Amérique centrale, dans le nord et le centre d’Amérique du Sud, et enfin dans les Caraïbes, soit en climat tropical et subtropical. Une bonne partie des espèces se concentrent au sud et sud-est du Brésil.

Cependant, une espèce s’est disséminée bien plus largement, jusque dans l’Ancien Monde : Rhipsalis baccifera, qui vit également en Afrique, à Madagascar, au Sri Lanka, au Népal et en Inde.

Une énigme dans le monde des cactus ? Il est à noter que ce Rhipsalis baccifera est le seul cactus présent dans l’Ancien Monde. Comment est-il arrivé là ? Soit cette espèce a traversé l’océan atlantique il y a très longtemps, peut-être transportée par des oiseaux migrateurs, soit ce Rhipsalis baccifera existait déjà avant la séparation des continents, avant que l’Afrique ne s’éloigne de l’Amérique du Sud, c’est à dire il y a plus de 130 millions d’années, théorie qui est actuellement la mieux pressentie.

Dans l’Ancien Monde, sa distribution a dû s’étaler lentement vers l’est, car il montre une forme d’évolution génétique : plus il est loin du Brésil, et plus il montre une polyploïdie importante (44 à 88 chromosomes au lieu de 22 pour la forme brésilienne).

Selon cette théorie, les cactus dont le genre Rhipsalis sont donc bien plus anciens qu’on ne croît, peut-être apparus il y a 150 millions d’années, mais les cactus en général, gorgés d’eau et habitant des milieux arides, se fossilisent bien trop rarement pour en être sur.

Milieu de vie des Rhipsalis

Les Rhipsalis sont pour la plupart des cactus épiphytes, qui poussent dans des poches de substrat, résultat de la décomposition de débris végétaux dans le creux des branches ou sur des écorces fissurées de forêt tropicale humide. Ils sont protégés des rayons du soleil et sont régulièrement arrosés de pluies.

On les trouve parfois à partager leur milieu de vie avec les tillandsias, autres filles de l’air.

Bien que parfois appelés plante-gui, les rhipsalis ne sont pas parasites comme le gui. Ils se servent de l’arbre comme support, mais se nourrissent de manière autonome.

Certains peuvent également vivre accrochés aux roches, aux falaises ou en rocaille, parfois même calcaire, considéré comme terrestre, et vivant avec davantage de soleil tel Rhipsalis horrida, une sous-espèce plus « cactiforme ».

Description générale du genre Rhipsalis

Les Rhipsalis sont des plantes succulentes, puisqu’appartenant à la famille des Cactacées. Cela signifie que leur évolution les a modelés pour s’adapter au climat aride : suppression des feuilles transformées en poils récupérateurs d’eau, épaississement des tiges (succulence) et métabolisme de la photosynthèse en C4 (CAM ou Métabolisme Acide Crassulacéen) qui permet d’ouvrir les stomates la nuit seulement et de ne pas perdre trop d’eau en transpirant.

Et pourtant, ces Rhipsalis sont revenus (ou sont restés) dans les forêts tropicales humides. Ils ont profité de leur résistante à la sécheresse pour vivre dans la canopée accrochés aux arbres ou aux roches.

Les Rhipsalis montrent donc de nombreuses tiges légèrement épaissies et vertes, responsables de la photosynthèse. Ces tiges dressées puis souvent retombantes sont très ramifiées. Ils existent parfois un dimorphisme bien visible : des tiges très longues qui se ramifient en bout de tiges en un verticille de tiges plus courtes.

Ces tiges sont segmentées en articles succulents, plus ou moins longs, de formes diverses, ce qui fait l’Intérêt du genre : cylindriques, anguleux, plats, côtelés, ailés.

Ils montrent assez peu d’aréoles, et ces dernières sont parfois à peine feutrées, ou ne portant que quelques soies.

Les tiges les plus anciennes se solidifient en se lignifiant, c’est pourquoi ce sont des plantes arbustives. Dans leur milieu naturel, les plants de Rhipsalis peuvent devenir assez grands : de 80 à 200 cm de hauteur.

Les fleurs s’épanouissent souvent entre septembre et mai, en dehors de la période estivale. Ce sont de petites fleurs radiaires comportant 8 tépales le plus souvent, formant un périanthe souvent en trompette, plus ou moins ouvert, rempli de nombreuses étamines. Elles mesurent de 6 mm à 4 cm de diamètre et sont blanches, crème, jaune, rose ou rougeâtres : cette floraison est intéressante, surtout lorsque qu’elles jalonnent les articles (Phipsalis pachyptera) de part et d’autre ou qu’elles s’éparpillent abondamment sur toute la plante (Rhipsalis pilocarpa).

Certaines fleurs de Rhipsalis sont petites, mais sont décoratives parce qu’elles contrastent joliment sur des tiges rougissantes (ex chez Rhipsalis ramulosa),

Les Rhipsalis produisent facilement de petites baies par autopollinisation, des fruits larges de 5 à 15 mm, charnus et juteux, d’ailleurs considérés comme comestibles. Ces baies deviennent translucides, blanches, roses ou rouges et contiennent quelques graines noires. Les oiseaux frugivores consomment ces fruits et en disséminent les graines sur d’autres arbres.

Les espèces botaniques du genre Rhipsalis

Le genre Rhipsalis comprend entre 55 et 60 espèces, et de nombreuses sous-espèces. Les genres Lespimium, Erythorrhisaplis et Pfeiffera sont considérés souvent comme très poches voire parfois synonymes.

Espèces les plus couramment cultivées

  • Rhipsalis baccifera, le cactus gui, est le rhipsalis le plus largement distribué, donc particulièrement tolérant et facile à cultiver. C’est sans doute l’espèce que l’on trouve le plus facilement en jardinerie, et peut se montrer assez variable dans sa morphologie (polymorphisme).

  • Rhipsalis pilocarpa, le rhipsalis à fruits velus est plus « poilus » dans son ensemble et tout à fait remarquable lorsqu’on sait le faire fleurir abondamment. Ses fleurs sont peut-être les plus larges dans le genre, plus de 2,5 cm, et très mignonne.

  • Rhipsalis pachystera (ou Rhipsalis robusta), le rhipsalis pachystère ou rhipsalis à ailes épaisses demande une culture un peu plus rigoureuse mais c’est une magnifique plante avec ses tiges articulées larges, son épiderme nu et brillant, festonné de petites fleurs.

  • Rhipsalis cruciformis ou cruciforme, le rhipsalis cruciforme montre des tiges allongées et cruciformes, aux aréoles soyeuses blanches.

  • Rhipsalis sulcata est fait de tiges épaisses de 10 à 15 mm, donc très succulentes, anguleuses et mais aux arrêtes arrondies et irrégulières.

  • Rhipsalis ramulosa, le rhispalis rouge montre des tiges plates et longues qui rougissent sous bonne luminosité. Magnifique, lorsque ses fruits blancs contrastent sur son épiderme rouge.

Autres espèces moins courantes, mais tout aussi magnifiques

Elles font parfois l’objet de collections, se trouvent chez des producteurs passionnés ou dans les réseaux cactophiles. Les rhipsalis se bouturent facilement, et la passion du genre peut vite s’installer…

  • Rhipsalis ou Lepismium asuntapatense est une plante aux multiples longues tiges plates, légèrement ailées, aux petites fleurs rouges.

  • Rhipsdalis houlletiana montre des tiges plates également comme Rhipsalis asuntapatense, mais à la largeur moins régulière et aux jolies fleurs de 2 cm pendantes et bien blanches.

  • Rhipsalis capilliformis ou Rhipsalis teres f. capilliforme comme son nom l’indique est capable de produire une vraie perruque. Son port exubérant ressemble à celui de Rhipsalis baccifera avec alternance de tiges longues et de verticilles bien fournis de tiges plus courtes, mais elles sont extrêmement fines, de l’ordre de 1 ou 2 millimètres d’épaisseur, vert clair : un effet chevelure ou feu d’artifice vert en cours de croissance. Très joli, ce rhipalis ne doit pas trop souffrir de la soif sous peine de voir ses tiges rapidement tomber.

  • Rhipsalis cereoides montre des tiges segmentées en articles de 4 à 10 cm et larges de moins de 2 cm, à 3 cotes. Ses fleurs blanches de 2 cm sont groupées par 3 ou 4.

  • Rhipsalis clavata ressemble à un Hatoria avec des articles bien succulents, plus épais d’un côté que de l’autre, et courts.

  • Rhipsalis mesembryanthemoides, en forme de mésembryanthème, montre un fort dimorphisme entre ses rameux courts très nombreux et ses rameaux longs.

  • Ripsalis neves-armondii f. megalantha montre des tiges épaisses (presque 1 cm) cylindriques, et surtout, les plus grandes fleurs du genre, larges de 4 cm, bien ouvertes, blanches avec une gorge saumon.

  • Rhipsalis oblonga est un autre rhipsalis ailé retombant, de couleur rose s’il est bien exposé.

  • Rhipsalis paradoxa est une superbe plante aux longues tiges retombantes, bien succulentes et très joliment segmentées, avec des articles épais et courts à 4 angles arrondis. Elle est aussi plutôt généreuse en fleurs.

  • Rhipsalis pentaptera, montre des tiges très ramifiées, assez courtes et épaisses, comportant 5 ou 6 crêtes presque ailées et crénelées.

  • Rhipsalis platycarpa, est un rhipsalis dressé et non retombant, très ramifié qui peut atteindre 80 cm de hauteur. Ses articles sont plats, longs de 8 à 30 cm et larges de 4 à 5 cm. Un port qui rappelle un opuntia agrémenté de petites fleurs littérales jaunâtres.

Les conditions générales de cultures des cactus du genre Rhipsalis

Les Rhipsalis, notamment les espèces les plus courantes sont des cactus faciles à cultiver et une plante verte aisée à maintenir dans la maison où la température lui convient bien, d’autant qu’ils ne nécessitent pas de soleil direct. Ils se plaisent aussi en serre hors gel, en véranda ou dehors en été à l’ombre des arbres.

Ils sont généralement cultivés en suspension, ou posés en hauteur, non loin des fenêtres.

On les maintient dans un pot peu profond contenant un substrat assez léger, à tendance acide, mais pas trop tourbeux. En effet, cette terre (terreau ou terre franche, mais drainante) doit rester toujours un peu humide : les arrosages à l’eau douce interviennent à chaque fois que le pot est à moitié sec, environ 1 à 2 fois par semaine en été et généralement moins souvent en hiver.

C’est un cactus dont le sol ne doit pas se dessécher, comme pour une plante verte d’intérieur.

Quelques problèmes de culture relatifs aux rhipsalis

  • Pourquoi les tiges sont blanchâtres ? Il y a trop de lumière.

  • Pourquoi les tiges deviennent-elles jaunâtres ? Le substrat est ou devient basique. Cette chlorose arrive souvent lorsqu’il est arrosé avec de l’eau du robinet trop calcaire. Rempotez puis utilisez plutôt de l’eau de pluie.

  • Pourquoi mon rhipsalis perd ses tiges ? Les tiges du rhipsalis tombent lorsqu’elles sont déshydratées. Il n’est pas arrosé correctement : soit trop d’eau, soit à l’inverse, pas assez ! Palpez la terre : si elle est sèche, c’est qu’il a très soif. Si elle est mouillée, il faut autopsier le système racinaire : souvent, la plupart des racines sont mortes, il faut le rempoter, voire bouturer les tiges encore en bon état et mieux gérer l’arrosage en évitant de laisser tremper le pot dans son cache-pot.

  • Comment faire fleurir mon rhipsalis ? Si votre rhipsalis ne fleurit pas assez ou pas du tout, prévoyez-lui une période un peu plus fraiche d’un mois ou deux avec des températures nocturnes avoisinant les 10 °C : en le plaçant dans une pièce non chauffée en hiver ou en l’installant dehors en septembre octobre, en faisant attention qu’il ne gèle pas.

Espèces et variétés de Rhipsalis

Le genre comprend 60 espèces environ

Les espèces les plus couramment cultivées sont

  • Rhipsalis baccifera, le cactus gui
  • Rhipsalis pilocarpa, le rhipsalis à fruits poilus
  • Rhipsalis pachystera, le rhipsalis pachystère
  • Rhipsalis cruciforme, le rhipsalis cruciforme
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