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Poulet basquaise

Identifier et utiliser les microclimats au jardin

Il suffit d'être un peu observateur pour conclure que chaque jardin comporte nombre de microclimats. Murs, haies, buttes, ombrage, présence d'un cours d'eau ou couloirs venteux modifient ainsi le climat général perçu dans la région. Apprenez à identifier les microclimats de votre jardin pour les exploiter au mieux !

Identifier et utiliser les microclimats au jardin
Identifier et utiliser les microclimats au jardin

Des indices naturels visibles

La température est rarement homogène dans toutes les zones d'un même jardin à une heure donnée et pour cause !

  • Vous avez sans nul doute constaté, pour peu que la neige soit un jour tombée chez vous, que certaines zones fondaient bien plus vite que d'autres. De même pour les gelées et le givre souvent plus présents dans un espace bien particulier que dans un autre. Ces indices sont précieux pour déterminer les zones les plus froides et celles qui se réchauffent le plus vite. Vous éviterez donc d'installer les végétaux les plus frileux dans les zones où la neige et le givre ont du mal à fondre !

  • Sur une butte, ou un terrain pentu, la terre sèche bien plus vite. Cela est dû à l'écoulement de l'eau sur la pente, la terre y est naturellement mieux drainée. Vous planterez donc des végétaux préférant ne pas avoir de l'eau stagnante au niveau des racines, comme les iris, qui au passage stabiliseront la butte, et de nombreux autres bulbes, ainsi que les plantes xérophytes et méditerranéennes.

  • Les tas de feuilles mortes constituent aussi des indices intéressants sur les vents dominants dans votre jardin. Là où elles sont constamment balayées, vous ne planterez pas de végétaux sensibles au vent ou gélifs. Pourquoi gélifs ? Parce qu'il existe une différence entre la température relevée sous abri (celle qui est prévue par la météo) et la température ressentie qui peut baisser de plusieurs degrés en fonction du vent. Dans les zones très ventées du jardin, il faudra donc prendre ce paramètre en compte sans forcement se lancer dans de rédhibitoires calculs (T(FRÉ) = 13.12 + 0.6215*T - 11.37*V0.16 + 0.3965*T*V0.16 ). Il suffira juste de préférer les zones où les feuilles mortes restent en place au sol pour planter vos végétaux les plus fragiles.

  • Les flaques d'eau sont intéressantes en bien des points ! Là où elles ont du mal à disparaître, on peut parier sur un sol à tendance argileux compatible avec certains végétaux mais certainement pas avec des plantes craignant les excès d'humidité ! Elles peuvent aussi indiquer un sol compacté par un travail constant ou un souci de drainage. Il ne restera plus qu'à aménager la zone ou en profiter pour planter des végétaux appréciant ces conditions !

  • Les arbres qui perdent leurs feuilles naturellement (caduques) offrent aussi une zone bien particulière au jardin, car elle est ombragée en été et au plein soleil en hiver. Ce type d'endroit convient à de nombreuses vivaces et arbustes ayant besoin d'ombre en été pour les préserver des brûlures, comme les camélias, les rhododendrons, ou les hortensias mais aussi pour les bulbes printaniers qui profiteront du soleil hivernal pour se développer au mieux. Petite parenthèse pour nos amis apiculteurs : les abeilles apprécieront aussi ce type de lieu ensoleillé en hiver pour réchauffer la ruche et ombragé en été pour un meilleur confort !

  • Les arbres persistants offriront quant à eux une couverture idéale pour les végétaux moins rustiques et tolérant l'ombre car le gel sévit bien moins dans un sous bois que dans une prairie découverte, pensez-y ! Il pourront abriter de nombreux végétaux appréciant une ombre partielle comme les pervenches, les cyclamens, les fougères, les magnifiques ophiopogons au feuillage noir, les euphorbes, les digitales ou encore les heuchères et les pulmonaires !

Des astuces plus techniques

  • Des thermomètres permettant un relevé journalier des températures les plus hautes et les plus basses seront placés dans diverses zones du jardin un même jour pendant 24 h. Vous serez sans doute très surpris de l'écart important de vos relevés selon les zones testées du jardin. Renouvelez l'opération plusieurs jours d'affilés pour en tirer vos conclusions et planter en conséquence !

  • La même expérience peut être réalisée avec des pluviomètres ainsi vous constaterez que sous certains grands arbres persistants et touffus, l'eau atteint plus difficilement le sol qu'en zone découverte. Il sera alors opportun d'envisager en ces emplacements des végétaux tolérants non seulement l'ombre mais aussi un sol plutôt sec.

  • Les haies constituent des zones bien particulières au jardin, car elles protègent certes du vent, mais elles peuvent aussi être victimes de turbulences juste sous leur pied. Selon leur constitution (pied dégarni ou non, arbustes caduques ou pas...) elles freinent plus ou moins le vent, filtrent le soleil et régulent le taux d'hygrométrie dans l'air. Les écarts de températures sont moins flagrants en présence de haies que dans le cas contraire. L'évaporation de l'eau dans le sol est aussi moindre en rapport avec une zone dégarnie. Tous ces effets combinés ont depuis toujours été appréciés pour élever les rendements des cultures par les maraîchers et ce, jusqu'au démembrement, mais ceci est une autre histoire... Vous pouvez donc planter des végétaux plus fragiles ou installer votre potager non loin d'une haie. Si possible, respectez une distance égale à la moitié de la hauteur de la haie pour éviter les turbulences parfois présentes en pied de haie ainsi que la concurrence des racines. Vous pourrez aussi y planter des végétaux sensibles à la casse comme les grands dahlias, les glaïeuls ou les pivoines.

  • Le long des murs, la température peut allègrement varier par rapport à une zone laissée à nu du jardin. Ce type de construction stocke l’énergie et la restitue la nuit surtout si le mur est exposé plein Sud ! Attention, tous les végétaux n'y résisteront pas surtout dans le midi ! Installez, vos cactées, bougainvilliers, Yucca ou plantes nécessitant beaucoup de chaleur à cet emplacement !

    Dans le cas d'un mur exposé au nord, la donne est toute autre ! L'ombre et la fraîcheur y règnent en maître, la mousse y pousse avec vigueur, l'humidité est présente. C'est le domaine favori des fougères, des bégonias et des impatiens en été, mais aussi des hostas, des pervenches ou des pulmonaires qui y trouveront toutes les conditions favorables à leur croissance !

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