Madère, rencontre avec la biodiversité

Avec ses 2000 km de randonnées, Madère est le paradis des naturalistes. L’ile aux fleurs se distingue par sa végétation luxuriante et son climat doux ; son relief volcanique escarpé impose une diversité de paysages, préserve de multiples niches écologiques et une biodiversité floristique riche. 

Madère, voyage à la rencontre de la biodiversité
Madère, voyage à la rencontre de la biodiversité

Madère est une ile volcanique, un ‘hot spot’ émergé de l’océan atlantique nord appartenant la Macaronésie avec les Canaries, le Cap Vert, les Açores. Plusieurs phases volcaniques s’y sont succédé jusqu’à il y a un peu plus de 6000 ans, pour former cette ile au relief accidenté. Madère est une succession de vallées encaissées aux pentes très raides isolées les unes des autres, des restes de dômes volcaniques, des pics et quelques plateaux. Les falaises sous-marines s’enfoncent à près de 4000 m sous l’océan : ce massif volcanique est haut de 5500 km, dont seul 1/3 est émergé.

La température est douce  toute l’année : la moyenne est de 25 °C en été et de 19 °C en hiver. L’océan atlantique reste à environ 20 °C toute l’année, agité par le Golf Stream.

Les vents dominants du nord-ouest qui rencontrent ce relief conséquent provoque l’effet de Foehn et induit des précipitations importantes et régulières, d’autant plus importantes sur la façade nord de l’ile. L’hiver est humide, mais la température minimale descend rarement sous les 10 °C : la partie nord et centrale de madère est couverte d’une végétation luxuriante ; le sud de l’ile est moins pluvieux et ses pentes sont plus douces : c’est la partie la plus habitée, où se situe Funchal.

Malgré une superficie réduite à 750 Km2, entre ses vallées encaissées et son climat changeant, Madère présente donc une grande variété de paysages avec leurs cortèges floristiques spécifiques.  Vallées humides et boisée, pics rocailleux, plateaux à bruyères, côte sud plus sèche, la pointe Ponta de São Lourenço (pointe Saint-Laurent), encore différente, est sans doute la partie la plus aride.

Madère est colonisée peu à peu tranquillement par les végétaux et les animaux depuis environ 6000 ans. Les premières graines arrivent portées par le vent, la mer et les oiseaux. La végétation insulaire a ainsi le temps de s’adapter et de se diversifier en une grande quantité d’espèces endémiques de Madère même ou endémiques à l’archipel plus globalement. Ainsi, environ 230 espèces sur l’ile sont endémiques de la Macaronésie, dont 150 se sont spécifiées à Madère même.

Dans ce climat méditerranéen à subtropical humide se maintient notamment la plus ancienne forêt connue, relictuelle de la période de glaciation : la laurisylve ou forêt de lauriers. Dans la laurisylve, dominent les Lauracées persistants, on peut notamment voir de magnifiques spécimens de Persea indica (viñatigo), d’Ocotea foetens (le til), les lauriers Laurus novocanariensis et Laurus azorica, et Apollonias barbujana (le Barbuzano), ainsi que quelques autres espèces appartenant à d’autres familles, tandis que le sous-bois ou les parois rocheuses sont le plus souvent couverts de Fougères.

Ce climat généreux permet également un développement important en taille, une forme de gigantisme de certains groupes de plantes, que l’on connaît chez nous en plus petits. Ex : un sonchus arbustif de 4 m (Sonchus fruticosus), une Apiacées (ombellifère comme la carotte : Melanoselinum decipiens) haute de 2,50 m, au tronc annelé portant 1 ou plusieurs couronnes de feuilles, un Aeonium (Aeonium glandulosum, Crassulacées) extra-plat, qui devient de la taille d’une assiette, une bruyère arborescente qui peut faire un arbre de 9 m, des fougères aux frondes longues de plus de 2 m...

Pendant longtemps, le seul vertébré terrestre a été le petit lézard Teira Dugesii, endémique et présent dans tous les milieux de l’ile. Il est par endroit si peu farouche qu’il vient vous sentir les doigts pour peu qu’ils dégagent quelques effluves sucrés. La souris domestique serait arrivée vers l’an 1000 on ne sait comment. D’ailleurs colonisant peu à peu l’ile alors qu’elle n’a pas de prédateur, elle fut sans doute à l’origine de beaucoup de perturbations au niveau de la flore. La souris domestique de Madère a fait d’ailleurs l’objet d’études scientifiques sur la spéciation,  car en 1000 ans (et un nombre phénoménal de générations de souris), chaque vallée a développé sa propre sous-espèce de souris.

Lorsque les Portugais se sont installés au XVe siècle, ils ont introduit de nombreuses autres espèces végétales et animales. Le tourisme mondial amplifie encore le processus. Cultivées ou arrivées involontairement, de nombreuses nouvelles plantes exotiques à l’ile sont aujourd’hui naturalisées. Faut-il les considérer comme des étrangères invasives ou comme l’évolution végétale d’une ile ? L’homme y a introduit plus de changements que n’importe quel autre être vivant. Par exemple, nous pouvons considérer maintenant que l’agapanthe bien que non indigène, mais naturalisée partout en bordure de route (comme beaucoup d’autres) fait aujourd’hui partie de la flore locale.

Les contours océaniques sont abrupts, parfois en falaise vertigineuse. Une agriculture en étage s’est installée sur le pourtour de l’ile (bananier, canne à sucre, pomme de terre, vigne...). L’eau est très présente, sous forme de petit cours d’eau ou de cascades et dans le but d’irriguer le sud de Madère, de nombreux cours d’eau étroits sont canalisés (levadas) pour amener l’eau du nord vers ce sud moins arrosé. Ces levadas suivent presque les lignes de niveau  et contournent les reliefs. Elles sont souvent bien entretenues et permettent de cheminer dans le cœur des montagnes. Dès que l’on s’enfonce vers le centre, la végétation sauvage reprend ses droits.

De par sa grande diversité, Madère est une destination de choix pour les randonneurs naturalistes : les paysages sont grandioses, les milieux forestiers sont riches. Madère est appelée également l’ile aux fleurs puisque de nombreuses plantes ornementales d’origine diverse sont capables d’y fleurir abondamment ; les jardins ornementaux à visiter sont nombreux. Le Jardin botanique de Funchal est mondialement réputé.

Randonnées faciles et intéressantes 

Avril et mai sont des mois de choix pour observer la flore, cependant le climat étant subtropical humide, le temps est si changeant qu’il faut toujours prévoir un vêtement de pluie, de même qu’il faut pouvoir se découvrir. Il n’est pas rare cependant que trempé au milieu d’une randonnée, vous arriviez complètement séché à la fin du parcours. Parfois à l’intérieur de l’ile, les nuages s’accrochent aux cols, des rubans de brume entretiennent une ambiance étonnante, ou encore une bruine continue s’invite à votre randonnée, mais sans pour autant être vraiment gênante. Les chemins sont remarquablement balisés, parfois très aménagés, mais les chaussures de randonnées restent indispensables pour éviter de glisser ou d’avoir les pieds mouillés.

Exemple de 4 randonnées aux paysages très différent

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