Comment augmenter votre production de fruits grâce aux abeilles sauvages ?

Sans abeilles, pas de fruits. Quand l’abeille domestique se fait rare, les osmies sont une solution pour la pollinisation des fruitiers. Dans votre jardin, offrez à ces abeilles solitaires le gîte et le couvert : un hôtel à insectes et des fleurs.

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Attirer des osmies pour polliniser les fruitiers avec un hôtel à insectes adapté

Les osmies, du genre Osmia, sont des espèces d’abeilles indigènes. Elles sont de véritables auxiliaires pour le jardinier, spécialisées dans la pollinisation des fruitiers, donc utiles pour améliorer la récolte de fruits. Elles sont fiables, faciles à élever, sans aucune agressivité, besogneuses et très efficaces. Leur cycle de vie se déroule pendant la floraison des arbres fruitiers.

Pour les attirer dans votre jardin, il suffit de construire un hôtel à insectes adaptés, puis elles resteront à demeure d’une année sur l’autre.

Les osmies et leur cycle de vie

Les osmies, représentées par 35 espèces en France, sont des abeilles maçonnes. Elles sont sauvages et solitaires. Si l’abeille domestique vit en ruche autour d’une unique reine pondeuse, les osmies femelles vivent leur vie individuellement, et pondent chacune un œuf à la fois dans une cavité remplie de pollen et de nectar.

Plusieurs espèces d’osmies peuvent cohabiter dans votre jardin. Les plus précoces sortent de diapause (repos hivernal) tôt en saison, vers mi-mars ; elles ont besoin d’une température minimale pour s’activer de 6 °C. Les espèces plus tardives terminent leur cycle vers mi-juin à début juillet.

L’osmie se réveille tôt au printemps, s’accouple immédiatement et se met en quête d’un logis pour ses œufs. Elle pond dans des cavités ou galeries larges de 6 à 10 mm, tubulaires, plus ou moins longues. C’est une osmie qui parfois se niche dans les aérations des fenêtres. Une loge renfermant un œuf et de la nourriture mesure quelques centimètres. L’abeille maçonne la colmate avec de la terre humide.

Si la galerie est plus longue, plusieurs loges s’y alignent.

Rapidement, l’œuf éclot : la larve se développe à l’abri dans sa galerie, se nourrissant des réserves de pollen et de nectar, et devient une nymphe qui se transforme en abeille. Cette dernière entre en pause pour l’hiver, en attendant de sortir de la galerie.

Pourquoi faire un hôtel à insectes pour les osmies ?

Vous avez remarqué que vos fruitiers fleurissent abondamment, mais ne produisent que peu de fruits.

Vous avez peut-être constaté que les abondantes fleurs de pommiers, cerisiers ou pruniers ne sont plus accompagnées par ce bourdonnement d’insectes intense, comme autrefois ?

Les abeilles domestiques et les autres pollinisateurs en général disparaissent drastiquement, sous la pression des pesticides, du dérangement climatique, des monocultures… il n’y en a plus assez pour que les fleurs se transforment en fruits dans le verger, plus assez non plus pour polliniser toutes les fleurs sauvages des espèces naturelles.

Dans votre jardin, cependant, vous pouvez favoriser la biodiversité en n’utilisant pas de pesticides, puis en créant des habitats pour les pollinisateurs, très facilement notamment pour plusieurs espèces d’osmies.

La pollinisation par les abeilles domestiques devient de plus en plus aléatoire puisqu’elles sont décimées par les produits de traitement. Les osmies, quant à elles, ont un territoire bien plus limité, elles se cantonnent à 150 mètres autour de leur nid, et restent donc approximativement dans votre jardin, ce qui leur évite de s’empoisonner d’insecticides dans le champ voisin.

De même, étant solitaires (toutes les femelles sont pondeuses) et moins mobiles, les osmies souffrent moins du fameux  « effet cocktail » de pesticides, qui non seulement fait mourir les ouvrières, mais induit des dégénérescences génétiques dans la ruche.

Une fécondation des fruitiers plus efficaces

L’osmie est attirée particulièrement par la famille des Rosacées (la majeure partie des fruitiers). De plus, cette abeille solitaire marque chaque fleur de phéromones lorsqu’elle y passe pour indiquer à ses congénères que la fleur a déjà été butinée, et qu’il est préférable de passer à la suivante. Ainsi leur pollinisation est plus systématique et plus efficace que celle faite par les abeilles domestiques.

Nombre de vergers producteurs font appel aujourd’hui à des osmiculteurs, des producteurs d’osmies qui louent des osmies élevées. Juste avant la floraison des fruitiers, ils apportent ces abeilles pollinisatrices dans les vergers sous forme d’insectes en repos hivernal dans leur tube, puis récupèrent ensuite les tubes remplis d’œufs pour l’année suivante.

Comment faire un hôtel à insecte spécial osmies ?

Le nichoir à osmies est simplement une multitude de tubes ayant le bon diamètre. Très simplement, cela peut être fait à partir de tiges végétales creuses sectionnées (bambou, jeunes tiges de l’année du paulownia, tiges de miscanthus, roseaux ..) mais aussi avec d’autres matériaux : un morceau de bois troué à la perceuse, des briques creuses, des tubes en plastique fabriqué à l’imprimante 3D…

Afin de satisfaire différentes espèces d’osmies, jouez sur la diversité : les tubes seront de longueurs et de diamètres différents.

Ils seront orientés de manière à ce que leur ouverture soit dirigée vers le sud ou sud-ouest, et abrités des précipitations. De préférence, cet hôtel sera installé au soleil, éventuellement appliqué à un mur ou a une cabane (plus de chaleur emmagasinée), mais surtout proche des fruitiers à polliniser.

Votre population d’osmies arrivera d’elle-même, bien que ça se vende également. N’hésitez pas à installer beaucoup de tubes nichoirs, et le nombre d’osmies croissant, à en rajouter tous les ans.

N’oubliez pas que ces insectes ont besoin d’une continuité alimentaire

Le temps de vie aérienne des osmies commence un peu avant l’épanouissement des arbres fruitiers et se poursuit après. Avant que les poiriers ou les pêchers ne fleurissent, les osmies déjà sorties doivent se nourrir, il faut donc veiller à ce qu’elles puissent profiter de fleurs épanouies sur toute la durée de leur vie : c’est la continuité alimentaire. Donc, plantez et laissez fleurir une grande diversité de végétaux : si c’est facile en mai-juin, c’est moins évident au mois de mars, où les fleurs se font plus rares. Elles y butineront le romarin, le lierre terrestre, la viorne à floraison hivernale ‘Charle Lamont’, des prunus à fleurs précoces...

Est-ce que les osmies piquent ?

Individualistes, les osmies n’ont pas à défendre une ruche au prix de leur vie. Elles sont complètement dépourvues d’agressivité, et vous pouvez vous approcher de leurs galeries, même lorsqu’elles sont très actives.

En lien avec leur organe de ponte, les osmies femelles ont un dard, mais très peu de venin. Si quelques rares cas éventuels de piqûres ont été rapportés, elles étaient ressenties comme très peu douloureuses, et avaient eu lieu quand l’animal était coincé. Évitez donc simplement de les serrer dans vos doigts et vous ne vous ferez pas piquer.

Dans votre jardin, soyez actif, agissez en faveur de la biodiversité.

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  • Papik (Ile de France)
    En Argentine, j'ai un ami qui a acquis une maison avec, dans son jardin, un vieux citronnier. Cet arbre produisait des citrons en faible quantité et de faible qualité. Passionné par les orchidées, il s'est lancé dans la culture. N'hésitant pas à suspendre ses cultures dans le citronnier. Et là, surprise, en très peu de temps le citronnier est devenu jaune : Plein de beaux citrons... Est-ce les orchidées ? Ou les insectes attirés par les orchidées ?
    Répondre à Papik
    Le 10/04/2021 à 15:18