Questions fréquentes sur la permaculture

Le Jardin de Kerblouze, un jardin de permaculture
Le Jardin de Kerblouze, un jardin de permaculture

Souvent utilisé à tord ou simplement pris pour une technique de jardinage, le terme 'permaculture' reste bien mystérieux pour de nombreuses personnes. Voici donc un éclaircissement bien mérité !

Comment appliquer les principes de la permaculture au jardin ?

Il s'agit de privilégier un retour à des pratiques basées sur les cycles de la nature et sur l'observation et le respect des écosystèmes. La terre ne doit pas être considérée comme un simple support de culture mais comme une entité regorgeant de vie et de micro-organismes entrant en symbiose et participant au recyclage de la biomasse.

Le paillage, la création de butte, la présence de bordures, la conservation des herbes folles servant de plantes hôtes à de nombreux insectes auxiliaires, mais aussi la création de haies mixtes attirant de nombreux animaux et offrant le gîte et le couvert aux oiseaux sont autant d'actions entrant dans le principe de permaculture. Le recyclage a aussi sont importance. Broyage de déchets végétaux pour en faire du BRF, récupération des déchets de cuisine et de jardinage pour en faire du compost, de mauvaises herbes pour en faire du purin qui traitera naturellement les plantes, détournement d'objets inutilisés pour leur donner une seconde vie plutôt que de les jeter, récupération des eaux de pluie ou des eaux usées, utilisation des fientes de poules comme engrais, vont aussi entrer dans la logique de la permaculture.

La plantation de végétaux adaptés au terroir permettra de supprimer l'usage de produits de traitement et de limiter les gestes d'arrosage, donc de préserver la ressource en eau.

Les saisons devront être respectées et les plantes introduites au jardin au bon moment pour éviter l'emploi de serres chauffées avec des énergies fossiles. La plantation d'engrais verts qui assure une bonne couverture au sol et une amélioration de sa structure sera pratiquée sur les parcelles plutôt que de laisser le sol à nu et donc exposé au lessivage. On évite ainsi la fuite des éléments fertilisants et l'emploi d'engrais chimiques coûteux et demandant de l’énergie pour les produire et du plastique pour les emballer.

De même, les engrais bio, si possible issus de sa propre production sont préférés : thé de compost, purin d'ortie dilué, compost, fientes de poules, fumier, épluchures de fruits et de légumes enterrés, engrais verts fauchés, constituent autant de solutions pour fertiliser le sol en recyclant et en n'ayant aucun impact négatif sur l’environnement.

La notion de prendre soin de l'humain peut être adaptée aux outils, choisis peu bruyants et non polluants pour ne pas troubler la paix des voisins (scie plutôt que tronçonneuse, faux à la place de la débroussailleuse, mouton pour remplacer la tondeuse...).

Évidemment l'emploi de produits non agressifs pour la santé et l’environnement entreront dans ce principe de respect.

Du côté du partage, l'échange de graines, de boutures, le don des surplus de production du potager ou d'un simple bouquet de fleurs sont autant de gestes simples collants tout à fait à l'éthique de la permaculture tout comme l'échange d'astuces, de techniques et de services.

Comment comprendre la notion de partage en permaculture ?

La permaculture est l'ennemie du gaspillage, le partage au sens large du terme est prôné. Partage équitable des ressources mais aussi des productions, recyclage, don, échanges. La compétitivité et le rendement maximal ne doit plus être le centre d'intérêt des humains au contraire, il doivent œuvrer en commun à une meilleure qualité de vie et à une meilleure gestion des ressources et de la production.

D'où vient le mot permaculture ?

Le mot est la contraction de l'anglais 'permanent agriculture' ou 'permanent culture'. Le terme a été crée par Bill Mollison et David Holgrem dans les années 70.

Depuis quand le concept de permaculture existe-t-il ?

Ce concept se voulant proche de la nature date des années 70. Il a été créé par Bill Mollison et David Holgrem, deux australiens conscients de la dangereuse évolution du monde à cette époque, notamment dans les principes de surconsommation et de surexploitation des énergies fossiles mais aussi des dégâts causés par l'agriculture intensive. En 1978, ils publient le livre qui deviendra la référence en la matière : « Permaculture 1 ».

Le concept que certains croient récent et issu d'une nouvelle tendance, a donc une quarantaine d'années.

La permaculture correspond-elle à la production bio ou à l'agro-écologie ?

Non, encore une fois, la permaculture ne se résume pas aux seuls principes de l'agro-écologie ni de la culture en bio bien qu'elle utilise certaines de ces méthodes.

La permaculture englobe le concept de respect de la Nature mais aussi de l'être humain. Il inclue le partage des ressources produites, le recyclage, la coopération, l'équité, mais aussi la durabilité dans de nombreux domaines comme ceux de l'habitat, des technologies, de l'enseignement, de la santé mais aussi de la finance et de l'économie.

La permaculture est-elle une méthode de jardinage ?

Non, la permaculture s'étend bien au delà du domaine du jardinage. Il s'agit d'une éthique, d'une philosophie qui prend en compte la terre, les personnes, la biodiversité, mais aussi la redistribution des surplus de production. Ses préceptes ancestraux peuvent bien sûr être appliqués au domaine du jardinage mais ce serait restrictif d'assimiler le permaculture à une simple méthode pour jardiner.

La permaculture est-elle une utopie ?

De nombreuses recherches scientifiques tendent à prouver que le concept de permaculture n'est pas utopiste mais bien réaliste. La permaculture ne serait donc pas dédiée à une seule élite alter mondialiste ou écologiste de l'extrême mais pourrait correspondre à un système de vie tout à fait réalisable et compatible avec le confort actuel des sociétés occidentales. Il n'est pas question de renoncer à tout mais au contraire de produire le nécessaire sur place et de le partager, de relocaliser pour réduire la consommation d'énergie, de créer des emplois sur place et de privilégier les relations humaines.

De nombreuses fermes en grande-Bretagne ou en Australie ne vivent que sous le principe de permaculture avec des rendements tout à fait convenables. Ces structures sont donc efficaces tant sur le point agronomique qu'économique et humain.

Le recyclage a-t-il sa place en permaculture ?

Oui absolument, il fait même partie de l'éthique du concept qui vise à moins consommer et à respecter l'environnement et à partager. Pour David Holmgren, un des deux pères de la permaculture, les déchets au sens strict du terme n'ont plus lieu d'être. Il prône de trouver une valeur à chaque ressource disponible, si tout est utilisé ou réutilisé, rien n'est déchet.

Les rendements sur une exploitation gérée en permaculture permettent-ils de vivre ?

Oui car grâce à l'optimisation de l'espace, des ressources, des relations entre les animaux et les plantes, à l'équilibre entre proies et prédateurs. Les rendements sont tout aussi importants voire plus importants que sur une exploitation intensive demandant de gros moyens, de très coûteuses machines voraces en énergies et des intrants chimiques pour compenser le manque de vie et de nutriments du sol qui découlent de sa sur-exploitation.

Pourquoi réaliser un design en permaculture ?

Le design, s'il est bien réfléchi, assure un gain de temps, d’énergie et d'argent. Il permet de préserver, mais aussi de régénérer la nature, de favoriser la biodiversité et de tendre vers une autarcie préservant de l'insécurité alimentaire et énergétique prévues pour le futur. S'il est bien pensé, il met à disposition plus de temps pour profiter réellement de la vie et des choses importantes. Le design permet une réelle efficacité dans les principes de permaculture.

Au niveau des cultures il assure des besoins moindres en intrants et en énergies car il favorise les relations entre les plantes, les animaux et prend compte du terroir (climat, nature du sol, relief, spécificités du terrain...). L'équilibre naturel est retrouvé, le sol plus vivant, protégé et fertilisé par des amendements organiques produits sur place (compost, fumier, fiente de poule...) est naturellement plus productif.

Qu'est-ce-que la permaculture humaine ?

La permaculture humaine tente de reproduire l'équilibre que l'on trouve dans la nature au niveau des sociétés humaines. La vie communautaire y est un principe fondamental qui va permettre de coopérer dans le but de servir un projet commun, celui d'une bonne qualité de vie actuelle et d'un avenir durable pour les générations futures. Solidarité, collaboration, échange de services, entraide, respect des autres sont à la base de ce concept. Pour mener à bien ce projet, le corps doit être en bon état de fonctionnement grâce à une alimentation saine, à des pratiques sportives, à la méditation... Être en harmonie avec soi-même permet d'être plus ouvert et tolérant envers les autres et de construire un meilleur avenir.

Qu'est-ce-que la permaculture ?

La permaculture est un concept, une démarche, voire une philosophie de vie dont le but est de prendre soin de son environnement, des humains et de partager les ressources qui découlent d'une production durable et sans impact négatif sur la Nature.

Qu'est-ce-que le design en permaculture ?

Mot clé, très souvent utilisé dans le domaine de la permaculture, le design constitue une des bases de cette éthique et de ses principes. Le design est un outil permettant d'aboutir à un mode de vie durable (sur plusieurs générations) en réalisant un plan précis d'actions concernant un lieu choisi. Chaque design est donc lié à un lieu précis où il sera mis en place afin d'optimiser les ressources et les partager sans jamais les épuiser bien au contraire.

Le design se résume en quatre mots : conception, réalisation, maintien et adaptation.

Un plan est établi sur papier afin de positionner les divers éléments qui devront remplir le plus de fonctions possibles tout en planifiant la dépense d’énergie et si possible en utilisant celles qui existent sur place et qui sont renouvelables (solaire, éolienne, hydraulique...).

Le design permet d'approcher une autosuffisance concernant les énergies mais aussi la nourriture, qui sera produite et consommée sur place pour réduire l'impact carbone, le tout dans le respect des animaux, de la nature et des écosystèmes. Chaque élément y a sa place précise pour limiter les 'fuites d'énergies', les déplacements inutiles et le gaspillage.

Orientation de la maison, système de chauffage et de ventilation naturels, récupération des eaux de pluies, toilettes sèches, études des plantes les mieux adaptées au relief et au terroir, place du poulailler, du tas de compost, tout est calculé dans un design.

Quelle est l'importance de l'humain dans la permaculture ?

L’éthique de le permaculture est divisée en trois domaines : prendre soin de la terre, prendre soin l'humain, et partager équitablement. En permaculture, l'individualisme n'existe pas, on prend soin de soi bien sûr, mais aussi des autres êtres humains environnants. Voisins, famille, amis entrent dans le principe de permaculture qui rejette les comportements égoïstes, envieux ou jaloux. La collaboration est de mise pour le bien de tous. Associations de compétences diverses dans un but communautaire, échanges, partage sont les clés de la réussite. Par extension, il est important que les choix de vie ne nuisent pas à d'autres personnes par exemple en évitant d'acheter des vêtements fabriqués par des enfants exploités au bout du monde ou en consommant des produits dont la fabrication implique une nuisance pour une population.

Suivant le même principe, il est important de ne pas polluer pour préserver les ressources communes et de contrôler son impact carbone.

En permaculture, on privilégie les productions locales, saisonnières, les rencontres avec les producteurs et les artisans de la région. Au delà de cela, il s'agit de cultiver une intelligence collective basée sur le respect des besoins de chacun, de développer des attitudes positives pour créer des relations harmonieuses avec les autres. Quelques essais de villes en transition prouvent que cela est possible notamment en Grande-Bretagne où le concept a ses adeptes.

Quels sont les objectifs de la permaculture ?

La permaculture a pour objectif de concevoir des systèmes simples, s'inspirant de la nature et la respectant. Ces systèmes doivent permettre d'optimiser les ressources et l'énergie sans l'épuiser, de prendre soin du sol en le considérant comme un écosystème à part entière et non comme un vulgaire support de culture, mais aussi, de prendre soin de l'Humain et de devenir plus altruistes avec la notion de partage des ressources et de limitation du gaspillage.

Une phrase pour définir la permaculture ?

« Agir avec la Nature et non contre elle »

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