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Les micros-fermes permacoles, des oasis de vie

Basées sur la connaissance du sol et des éléments environnants, prenant en compte les écosystèmes et la biodiversité, les micros-fermes, constituent une alternative aux exploitations agricoles classiques. Tournées vers le futur, elles proposent une approche différente et durable du concept de production et de consommation.

Les micros-fermes permacoles, des oasis de vie
Les micros-fermes permacoles, des oasis de vie

Efficacité et rentabilité

Agriculture de la connaissance, de la conception et de la création, la permaculture associée au concept de micro-ferme a su faire ses preuves. La patience est de mise pour retrouver un équilibre sur les terres parfois malmenées autrefois, mais le jeu en vaut la chandelle puisqu'une étude menée de 2011 à 2015 sur la ferme du Bec Hellouin en partenariat avec l'INRA, a prouvé que ce type de ferme était rentable. Sur seulement 1300 m² de terres cultivées, la ferme a réalisé une production égale à une ferme mécanisée classique sur une surface d'un hectare !

Se détacher des énergies fossiles

Le constat est simple : dans quelques décennies tout au plus, les énergies fossiles nécessaires au fonctionnement des fermes mécanisées classiques vont se raréfier, il est donc nécessaire de se tourner vers un type de production employant des énergies renouvelables comme celles du soleil, du vent, de l'eau, de l'humain et de l'animal.

Une utilisation intelligente et réfléchie de l'existant, la densification et l'association des cultures dans le respect total du sol sont à la clé de ce changement vers lequel nous devrons tendre pour assurer notre sécurité alimentaire dans le futur.

Qu'est-ce-qu'une micro-ferme permacole ?

Une micro-ferme permacole est une exploitation généralement non mécanisée aux énergies fossiles, utilisant sur une surface cultivable raisonnable des outils manuels ou tractés par des animaux.

On parle d'agriculture jardinée, de paysage comestible, d'agroforesterie, de biodiversité préservée et de sol revitalisé !

La micro-ferme favorise l'épanouissement des forces de vie, elle s'aide de l’énergie solaire, exploite la biomasse, recycle et transforme la matière organique produite sur place pour fertiliser le sol, le rendre plus vivant et donc plus fertile sans intrants chimiques. Tout ce que la nature peut offrir est exploité intelligemment dans le respect de l'environnement.

Les productions sont réalisées sur une très petite surface insérée dans un ensemble hébergeant des végétaux très diversifiés laissant la place aux arbres et aux vivaces créant de la biomasse et permettant une biodiversité importante pour l'équilibre de la ferme.

Un design réfléchi

La micro-ferme va s'inspirer de l'existant pour en tirer les conclusions nécessaires à son fonctionnement mais aussi créer des micro-climat pour optimiser les récoltes.

Des haies fourragères et diversifiées seront plantées autour du terrain pour abriter une faune dense dont certains prédateurs aux ravageurs de cultures (oiseaux, petits mammifères, insectes, reptiles...). Ces haies occupent une autre fonction : celle de protéger l'exploitation des vents dominants et de créer un micro-climat propice aux cultures. Les arbres au feuillage caduque vont en outre apporter de la matière organique par la transformation en humus des feuilles tombées au sol. Des arbres têtards seront aussi exploités pour fournir le bois de chauffage à la ferme.

Une forêt-jardin jouxtant l'exploitation protégera ,elle aussi ,des vents dominants tout en créant un écosystème frais et humide abritant des champignons, de petits fruits rouges, voire un poulailler pour fournir des bons œufs frais mais aussi des volailles en micro-élevage. Ajoutez quelques ruches à l'orée de la forêt et le jardin sera naturellement pollinisé avec à la clé un délicieux miel bio !

Une mare ou tout autre point d'eau est indispensable pour attirer de nombreux animaux qui participeront une fois de plus à l'équilibre général. Sans oublier que la vase ainsi obtenue constitue un formidable fertilisant ! Un petit élevage de carpe peut être envisagé en complément, sachant qu'1 m² de mare produit 1 kg de poisson par an !

Bien sûr, les eaux de pluie seront guidées et récupérées dans de vastes cuves pour aider à l'irrigation des cultures. Rien ne se perd, tout se recycle !

Un verger constitué d'arbres fruitiers en hautes-tiges plantés en quinconce pour gagner de la place, sera parfait pour créer une pâture aux animaux de la ferme tels des moutons, dont les déjections serviront ensuite d'engrais ou des chevaux pouvant aider au travail des champs.

Des murets en pierres sèches peuvent être construits, remplaçant avantageusement les clôtures et abritant une faune très variée, qui, une fois de plus, viendra en aide à l'agriculteur dans sa lutte contre les ravageurs.

Au niveau de la zone de production, l'optimisation est de mise ! La verticalité est utilisée pour gagner de la place, des buttes permanentes sont créées, les cultures relais et les associations d'espèces ont la part belle de l'espace.

La terre est préservée par des jachères sous la forme d'engrais verts qui vont aider à la restructurer, à l'ameublir et à la fertiliser naturellement.

Le paillage organique préserve le sol de la pousse des adventices et permet donc de gagner du temps et de l’énergie en supprimant les travaux de désherbage. Nul besoin de préciser que dans ce type de fermes les produits phytosanitaires sont proscrits. Le paillage est aussi très utile pour économiser de l'eau d'arrosage car il protège le sol, aide à créer un ombrage et évite le phénomène d'évaporation. Il préserve et booste la vie du sol qui, grâce à lui contient plus de micro-organismes.

Une oasis de vie aux productions diversifiées

Outre le maraîchage qui constitue l'activité principale de la micro-ferme, la vente de produits transformés comme des conserves en bocaux, des liqueurs, du miel, des tisanes ou des confitures apportera un revenu supplémentaire à l'exploitation.

Dans ce concept, les produits de qualité, goûteux, exempts de pesticides et ayant poussé dans de la vraie terre et au soleil sont vendus en circuits courts, directement à la ferme, dans les marchés locaux ou chez des détaillant des environs.

Un tournant décisif qu'il faudrait adopter en masse pour le futur !

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Vos commentairesAjouter un commentaire

  • Gilles (Bretagne)
    Très belle explication. Mais comment faire pour bien débuter ? Bonne journée.
    Répondre à Gilles
    Le 19/10/2020 à 09:17
  • Jmperrin (PACA)
    Merci pour cette synthèse. Ces fermes peuvent-elles vivre en autarcie, plus précisément sans acheter en dehors de leur propriété ? Si oui comment obtenir des céréales ?
    Répondre à Jmperrin
    Le 18/10/2020 à 23:44
    Jp17 (Saintonge)
    Il ne faut pas rêver. On parle ici d'une micro-ferme de 1300m2 (0,13ha) qui produit autant qu'une ferme conventionnelle de 1ha. On parle aussi de haie fourragère qui produirait le bois de chauffage pour la ferme, de forêt-jardin, de verger, de murets, de mare, de jachères d'engrais vert. Il ne faut pas croire que tout cela va tenir dans une micro surface. Rien que pour le bois de chauffage, 1300m2 d'arbres têtards ne suffiraient pas à assurer la coupe de 5 stères tous les ans. Alors si on veut se chauffer, on ne fait pas de culture... et on caille avant de mourir de faim ! Et surtout ne pas croire que tout ce qui est nécessaire à la création d'un sol riche et vivant peut venir des malheureux 1300m2 de la micro-ferme. Tout ou presque (paille, foin, branchages...) devra venir d'ailleurs. Ce qui fait qu'il est impossible de généraliser ces micro-fermes. Comment feraient les fermes qui vous fournissent leur paille ou foin pour enrichir leur sol. En laissant partir la paille elles l'appauvriraient. Alors oubliez la dernière phrase : "Un tournant décisif qu'il faudrait adopter en masse pour le futur !". Ce qui peut être fait dans un jardin, en important de la biomasse, ne peut pas se transposer à l'ensemble du territoire. Le concept de micro-ferme est très intéressant malgré tout, mais il a ses limites dont on parle rarement. Il en va ainsi de toutes les "révolutions" prônées par des gourous, on met en exergue le positif et on cache le négatif.
    Répondre à Jp17
    Le 19/10/2020 à 16:36