Le potager en permaculture

Une maison, un jardin, nous, et la nature. Démarrer en permaculture permet une cohabitation pérenne entre fleurs, insectes, légumes, bestioles, fruits, champignons, jardinier... Le coin du potager, terrain privilégié, s'inspire des écosystèmes naturels.

Le potager en permaculture
Le potager en permaculture

L'observation

Base de la permaculture, l'observation nécessite de prendre du temps pour mieux connaître son environnement, aller avec lui et non contre lui. Une tomate exposée plein Sud sur un sol drainé s'épanouira en pleine santé ; ombre, sol compact et humide favoriseront une longue liste de maladies, de déceptions successives, de récoltes ratées. Connaître son terrain, exposition, humidité, petits coins froids, et les besoins des végétaux cultivés, permet des cultures saines, vigoureuses, au mieux de leur forme pour répondre aux agressions possibles.

Adapter son potager

Des aménagements légers permettent d'offrir aux végétaux des habitats adaptés, et de diversifier vos cultures. L'exposition peut se modifier, par l'élagage ou la taille d'arbres pour apporter plus de soleil, la plantation de fruitiers, de haies, pour ombrer certaines cultures. Des murets favorisent des micro-climats pour les plantes amatrices de chaleur.

Les buttes, associées à la permaculture, non indispensables, répondent à des besoins particuliers. Surélever un support permet d'agir sur le drainage, de varier les expositions selon la hauteur et la forme. Les bordures, en pierres, pente douce, planche, branches tressées joueront leur rôle propre. De même la composition de la butte. A chaque jardinier, à chaque plante, de trouver sa butte.

Sous nos pieds

Le sol du potager n'est plus un support physique qui nourrit votre tomate comme il peut, on le considère en permaculture comme une entité à part entière, composée de milliards d'êtres vivants microscopiques, minuscules ou visibles à l'oeil nu. Ce sol vivant respire, boit, transpire, s'active. A tous les étages. En surface, à 2 cm, à 6 ou 9 sous la terre, bactéries, champignons, arthropodes, vers, chacun occupant sa strate, travaillent et les racines des végétaux se propagent avec aisance dans ce milieu extrêmement nutritif. Aussi la permaculture préconise le non travail du sol pour préserver cette vie ; une simple aération, par des outils de type grelinette, se pratique accompagnée d'un désherbage sélectif. Puis le sol se protège, des pluies battantes, du soleil brûlant, et se nourrit.

Protéger et nourrir la terre

La permaculture s'inspire des écosystèmes naturels. La terre à nu ne se rencontre que dans des milieux extrêmes, et le potager n'est pas un milieu extrême. Plusieurs méthodes permettent de couvrir le sol, en matériaux inertes, ou avec des végétaux appropriés.

Le paillage se décline dans une grande diversité : BRF (bois raméal fragmenté), tonte de gazon (en faible épaisseur), paille, débris de toute sorte. Par la décomposition le sol est nourrit, par la couverture il est protégé de la déshydratation, et les plantes non désirées ne peuvent germer. Simple et efficace.

Les engrais verts, denses couvre-sols, combinent de nombreux intérêts. Phacélie, moutarde, trèfle rouge, colza, selon les variétés, fixent l'azote, remontent des éléments minéraux des profondeurs, s'enfouissent facilement et préparent les cultures à venir.

Les plantes compagnes, les interactions

Votre plant de tomate en main, l'exposition choisie, le sol prêt, vous le plantez. Mais avec qui ? Seul il sera la proie du premier ravageur passant par là. Bien accompagné, il partagera ses prédateurs. Ou mieux sera masqué par les odeurs, les formes de ses voisins. Ainsi la tomate apprécie la compagnie du basilic, des oeillets d'Inde, du persil mais aussi des choux et haricots. Haricots appréciant le voisinage des poireaux, eux-mêmes favorables aux fraisiers... Et ainsi de suite se constituent des communautés de plantes bénéfiques les unes aux autres, par leurs apports mutuels, leurs ombrages, leurs interactions avec les autres êtres vivants du jardin. Plus la diversité végétale sera grande, plus les insectes, oiseaux, batraciens, lézards, chauve-souris, seront nombreux et l'écosystème jardin potager équilibré. Les invasions dévastatrices se trouveront régulées au quotidien.

De questions en découvertes

Doit-on privilégier les plantes indigènes en permaculture ? Peut-on fonctionner en écosystème fermé, sans apports extérieurs, comme une forêt dont les sols s'enrichissent ? Et l'arrosage, avec ou sans ? Faut-il faire un hôtel à insectes, privilégier les habitats naturels ? Autant de jardiniers, autant de réponses.

Le potager en permaculture c'est un foisonnement de vie, de découvertes, d'incompréhensions, de laisser-faire. Mais aussi d'échanges, de partages d'expérience et de récoltes.

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Vos commentairesAjouter un commentaire

  • Geneviève 47 (Lot et Garonne)
    J'aime les plantes et la nature. J'aime échanger mes voitures et graines.
    Répondre à Geneviève 47
    Le 15/05/2020 à 09:07