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Cake à la carotte

Des plantes outils dans une haie à tout faire !

Bocagère, brise-vent, fleurie, fruitière, défensive, persistante...La haie se décline sous toutes les formes. Oubliées, les vieilles haies servaient l'homme en outils diversifiés, liens, manches, tuteurs... Partons à la découverte de ces utilités pratiques, et à portée de mains, du jardinier moderne.

Manche de grelinette en frêne
Manche de grelinette en frêne

La haie et le paysan

Quelques décennies en arrière, les haies sillonnaient les paysages, bordaient les parcelles, cantonnaient les troupeaux. Sources de biodiversité, régulatrice des écoulements d'eau, brise-vents, depuis des générations elles trouvaient place dans l'écosystème agricole. Les paysans alliaient intérêt écologique et utilité pratique.

Les branchages des « tétards », arbres taillés, et retaillés, au tronc épais et tordu, servaient de fourrage. Les fagots chauffaient les fours à pains. Les bouquets de branchages souples servaient de balais. La plupart des outils de bois se renouvelaient en bordure des parcelles cultivées, du simple lien au manche de pioche.

Un bout de ficelle

Le jardinier a toujours besoin d'un lien, bout de ficelle, raphia, fil de cuivre... Une tomate à attacher, une grimpante à guider, deux piquets à lier, et la recherche d'un lien commence. Fond de poche ? Non. Retourner à la maison ? Pour une branche... Et la haie, en bordure du jardin, à portée de main ?

Les saules osiers, taillés près du tronc court, ont émis de jeunes pousses, longues, fines et souples. Elles se tournent sans plier, sans casser, et peuvent nouer, lier. De tout temps l'osier a suivi la vigne, lien ancien des vignerons.

D'autres arbustes de la haie se sont vus utilisés comme lien, puis en tressage pour la vannerie. Paniers, chapeaux, treillis, se concevaient, se réparaient, auprès des cornouiller sanguin, Vitex agnus-castus, viorne lantane, clématite...

Le manche de bêche a cassé...

Si le lien est indispensable au jardinier, le manche ne l'est pas moins. Bêcher, biner, sarcler, planter... Tout outil a besoin d'un manche, qui casse toujours au mauvais moment. Dimanches et jours fériés, la vieille haie est toujours là. Si le frêne était réputé pour sa souplesse, sa ténacité, l'érable champêtre, moins usité, compact et homogène, s'utilisait aussi pour tout manche d'outil.

Méditerranéen, renommé en son temps pour ses propriétés égales au frêne, le micocoulier le surclasse pour sa robustesse et flexibilité. Bois de toutes les fabrications, brancards, avirons, essieux, il était cultivé pour produire des fourches. Les rejets étaient taillés et formés de manière à récolter l'outil tout prêt. Arbuste des régions chaudes, le réchauffement climatique incite à l'inscrire dans toute plantation de haie.

Les piquets à tomates

Moins exigeants en propriétés mécaniques, les piquets se trouvent sur les arbustes aux branches droites, aux rejets droits et vigoureux. Le noisetier fournira de belles tiges, réutilisables plusieurs années si elles sont protégées l'hiver. Laissant ainsi à la haie le temps de se régénérer.

Le robinier, communément nommé acacia, pousse en beaux rejets verticaux, épineux mais solides, durables.

Le cornouiller sanguin lance de longs rameaux, souples au printemps, puis rigides, aux ramifications facilement ébranchables. Les plus longues tiges serviront d'échalas, tuteurs soutenant les grandes plantes, les grimpantes.

Autre arbuste de haie, au bois le plus dur, et aux baies les plus savoureuses, le cornouiller mâle. Il fut utilisé comme coin à fendre le bois, dents de herse, barreaux d'échelle. Ses tuteurs sont d'une solidité à toute épreuve. Les grands-pères y trouvaient un intérêt certain...

Grands-pères et enfants

...Et savaient reconnaître le bois fiable supportant le poids des ans. La canne se récoltait en bordure de prairie. Les cornouillers, mais aussi l'amélanchier, le noisetier, étaient appréciés. Parfois le chèvrefeuille y était mêlé, et de son empreinte marquait le bois d'une élégante spirale. Le cornouiller mâle, si dur, devenaient aussi javelot... Pour le plaisir des enfants, qui aux souvenirs de leurs grand-père, retrouvent l'if, la cytise et le frêne pour fabriquer les arcs, le sureau pour les sifflets et les sarbacanes, le buis pour les jouets, les boutons et cuillers.

Entretenir une haie ancienne, planter une haie à tout-faire, malgré la promptitude du prunellier à s'échapper, de la ronce à partir en prospection, est une rencontre. Repérer les manches de sa future grelinette, le rameau souple qui servira à réparer son chapeau de paille. Entortiller le chèvrefeuille autour de la prochaine canne du grand-père. Préparer un long tuteur de vigne. Autant de gestes d'un autre rythme. Et de plantations nouvelles à faire, pour des arbustes alliant diversité, floraison, et utilités pratiques.

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