Comment bouturer un rejet ?

Les bananiers rejettent tous les ans, l'occasion d'offrir des rejets aux amis
Les bananiers rejettent tous les ans, l'occasion d'offrir des rejets aux amis

Méthode de multiplication facile et opportuniste, la bouture de rejet, est à la portée de tous les jardiniers. Ces jeunes pousses déjà bien formées reprendrons vite et donneront une plante en tous points identiques au pied-mère.

Qu'est-ce qu'un rejet ?

La définition du mot rejet en botanique reste vague et parfois controversée.

Les rejets naturels ne sont ni des ramifications ni des gourmands, cependant, ils peuvent être des drageons issus du développement du méristème présent sur une racine.

Sur une plante greffée, le rejet apparaîtra sur le porte-greffe, tire-sève inutile et nuisible à la greffe, il devra être supprimé pour que le greffon prenne le dessus.

Le rejet peut résulter d'un traumatisme : une forte taille, un recépage ou des conditions de culture inadéquates peuvent induire son apparition.

Dans le cas des grands arbres coupés au ras du sol, la masse racinaire demeure bien plus importante que la partie aérienne, ce déséquilibre n'étant pas toléré dans la nature, l’arbre meurt ou au contraire produit de nombreux rejets sur la souche. C'est le cas notamment du peuplier, du troène, du buis ou de l'eucalyptus pour ne citer qu'eux. Cette technique est utilisée pour former des taillis ou dans la technique de l’émondage. Les rejets sont alors bien plus forts et vigoureux et produisent un bois plus dense qui pourra être utilisé en menuiserie ou en bois de chauffage. Ces arbres émondés sont nommés 'Têtards'. Parmi eux, le saule (utilisé alors en vannerie), l'orme, le chêne, ou le charme dans les fameuses charmilles.

Autre traumatisme pouvant provoquer l'apparition d'un rejet, l'erreur de culture. C'est le cas chez certaines espèces d'orchidées dont le Phalaenopsis ou le Dendrobium, qui produisent des keikis, Ces plantules apparaissent soudainement sur les tiges ou les hampes florales défleuries de ces orchidées. Ces plantes miniatures et aériennes portant des feuilles et des racines sont identiques au pied-mère. Elles se développent en cas d'excès d'engrais ou d'un écart de température.

D'autres plantes produisent des rejets directement sur leur tiges, c'est le cas de cactus globuleux cespiteux comme certaines espèces des genres Echinopsis, Rebutia, Mammilaria et bien d'autres. Du côté des plantes grasses, les agaves, les haworthias, les aloes en sont d'autres exemples, la liste n'étant bien sûr pas exhaustive ! Chez ces plantes, les racines se forment très rapidement sur les rejets, il est donc très aisé de les multiplier de cette manière.

Bouturage de rejets sur les arbustes

Il s'agit généralement de drageons, c'est à dire, de pousses apparaissant en périphérie de la plante et issues du développement du méristème d'une racine. Ce mode de reproduction asexuée est courant sur le noisetier, le framboisier, le sorbaria, le merisier, la symphorine, le sumac, l'eléagnus, le mahonia, le cornouiller ou le lilas pour ne citer que les plus communs. Les plantes issues de ces rejets sont des clones parfaits de la plante-mère.

Pour bouturer ce type de rejet, attendez qu'il soit bien développé et détachez-le du pied-mère en faisant des mouvements de leviers avec une fourche bêche en périphérie de la plante. Une fois la racine portant la plantule apparente, coupez-la avec un sécateur pour la détacher du pied mère.

Replantez-la immédiatement dans le même type de substrat puisqu'il lui convient très bien sinon cette reproduction végétative n'aurait pas eu lieu. Arrosez régulièrement pour assurer la reprise.

La bouture de drageon se pratique en automne ou au printemps.

Bouturage de rejets sur les arbres recépés

Pratiquée surtout par les professionnels, cette méthode implique le recépage d'un sujet déjà bien développé.

Au printemps suivant le recépage, des bourgeons apparaissent sur la souche, ce sont les fameux rejets qu'il va falloir laisser se développer jusqu'en juin ou juillet (selon les régions) lorsqu'ils auront atteint le point du début de lignification. Chaque rejet est alors prélevé avec un greffoir ou un sécateur à la base du tronc. La tige obtenue est ensuite détaillée en plusieurs segments de 10 à

15 cm comportant chacun au moins deux feuilles dont le limbe sera taillé de moitié (on coupe leur extrémité). Chaque base de segment sera ensuite passée dans de la poudre d'hormone de bouturage puis installée dans un substrat composé de tourbe de perlite et de vermiculite. Les boutures, après un arrosage copieux sont alors installées dans un tunnel de culture ombragé afin de maintenir une chaleur régulière et  un bon taux d'hygrométrie. Les premières racines apparaissent en 3 semaines environ.

En automne, un rempotage dans des pots individuels d'au moins 4 litres permettra aux boutures de se développer correctement en pépinière hors gel. La mise en pleine terre ne se fera qu'à l'automne suivant.

Bouturage de rejets sur les plantes cespiteuses

Broméliacées, bananiers, cactus et plantes grasses, produisent de nombreux rejets à la base du pied-mère. Il faut être patients et attendre un bon stade de développement pour les désolidariser de cette dernière. La présence de racines est un bon présage, celles-ci apparaissant souvent après le feuillage.

La technique est la même sur toutes ces plantes, seul le substrat de bouturage change.

Pour les cactus et plantes grasses, préparez un mélange composé de ¾ de sable de rivière pour ¼ de terreau. Placez la plantule dans ce substrat sans enterrer son collet pour éviter sa pourriture. N'arrosez pas ! Vous pourrez le faire parcimonieusement 15 jours plus tard.

Pour les broméliacées ou le bananier, le substrat sera composé de tourbe et de terreau à part égale. Là encore n'enterrez pas trop le collet. Arrosez et placez les boutures à la pleine lumière sans soleil direct.

Bouturage des keikis sur les orchidées

Attendez que les racines soient bien formées pour désolidariser le keiki du pied mère. Coupez simplement la tige qui le porte et placez votre bouture dans du substrat 'Spécial orchidées'.

Pour l'arrosage, trempez la base du pot dans une eau à température ambiante. Placez votre bouture à la pleine lumière.

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Vos commentairesAjouter un commentaire

  • Kate (Fontainebleau)
    Mon figuier après des années sans fruits en a produit pas mal l'an dernier. Cette année, plusieurs rejets sont devenus trés beaux et forts. Que puis-je en faire ? Puis-je en laisser deux ou trois, et bouturer les autres ? Merci de votre réponse.
    Répondre à Kate
    Le 04/08/2019 à 22:11