Aracées / Araceae

Jonc parfumé, Acore odorant, Vrai acore, Acorus calamus

Les Araceae ou Aracées sont une famille très typique de plantes vivaces monocotylédones, appartenant à l’ordre des Arales. Cette famille est extrêmement variée, cependant en dehors de quelques membres ligneux, les plantes de la famille des Aracées sont surtout herbacées, terrestres, grimpantes ou épiphytes, parfois aquatiques. Nombre d’entre elles sont connues en tant que plante d’intérieur ou de jardin.

Les plantes populaires : Arum d'Éthiopie, Spathiphyllum, Anthurium...

Place des Aracées et distribution

Les Araceae sont proches des Lemnacées (comme les lentilles d’eau). La classification phylogénétique pose d’ailleurs ces Lemnacées parmi les Aracées.

Les Aracées sont des plantes très évoluées dont on considère qu’elles ont eu un probable ancêtre commun avec les Liliacées.

Cette famille très diverse est présente partout sur terre sauf en climat arctique et au Sahara. Cependant, la plupart de ses espèces sont issues de climats tropicaux ou subtropicaux, seuls quelques genres se retrouvent en climat tempéré. Dans notre flore sauvage française, on peut rencontrer Arum maculatum, le gouet tacheté, ou le gouet d’Italie, Arum italicum, le plus souvent à la marge des milieux forestiers.

Caractères généraux des Araceae

Les Aracées peuvent être des plantes rhizomateuses à tubéreuses (Dracuncculus,  Arisaema, Calla) quelquefois ligneuses (Dieffenbachia), ou des plantes épiphytes pourvues de tiges et de racines aériennes d’absorption ou de fixation (Anthurium, Philodendron).  Celles qui sont herbacées peuvent être très petites (Cryptocoryne: environ 5 à 20 cm) ou géante, tel Amorphopalus titanum avec son unique feuille de 5 m de haut et son inflorescence mesurant jusqu’à 3 m !

Une espèce est une plante flottante : Pistia stratiotes.

Les feuilles sont simples ou composées, basales ou caulescentes, parfois alternes le long d’une tige qui se lignifie (Philodendron, Dieffenbachia).

Si la forme de ces plantes et leur milieu de vie sont particulièrement diversifiés, les Aracées présentent une inflorescence caractéristique. Elle consiste en une grande bractée pétaloïde le plus souvent, appelée spathe, qui entoure de nombreuses petites fleurs regroupées sur une tige, le spadice. La spathe est soit étalée (Anthurium), soit repliée en forme de cornet. (Arum) Le périanthe est réduit le plus souvent à 4 à 6 petits segments soudés.

Les Aracées ont mis au point diverses stratégies pour favoriser au mieux la pollinisation croisée : bien souvent, où les spadices peuvent ne porter que des fleurs mâles ou que des fleurs femelles, ou ils portent les deux, mais avec les gynécées matures avant les androcées.

Par exemple dans le genre Arisaema : la fleur d’Arisaema flavum est bisexuée et autofertile, chez Arisaema ciliatum, le spadice est mâle lorsque le tubercule est petit et n’a pas assez d’énergie pour produire les fruits, femelle lorsque le tubercule est assez gros, mais redevient mâle, l’année suivante, un peu épuisé par la fructification. Ils sont pour autant autofertiles, et une reproduction végétative efficace permet d’obtenir des fleurs de sexes différents chez un même individu. Chez Arisaema candissimum, la fécondation n’est possible qu’entre 2 clones différents, il n’est pas autofertile.

Les spadices et spathes à chambre de pollinisation sont également conçus pour favoriser la pollinisation croisée, on y décèle des mécanismes d’élévation de température. Les mouches, coléoptères ou autres pollinisateurs, attirés par l’odeur ou la chaleur au fond de la fleur sont piégés dans le bas de la spathe jusqu’à ce qu’elles ressortent pleines de pollen pour aller se piéger dans une autre spathe.

Cependant d’autres espèces, tel qu’Anthurium (spathes ouvertes) ou Monstera (spathes absentes) sont fécondés par la faune locale, attirée  simplement par la couleur ou l’odeur de l’inflorescence.

Les fruits bien colorés et entourés de pulpe sont dispersés par des animaux, par exemple dans le tube digestif des oiseaux ou encore emportés par les fourmis.

De nombreuses Aracées produisent des molécules irritantes, ce qui les rend toxiques au contact avec la peau ou les muqueuses et à l’ingestion. Le nettoyage de la pulpe des graines peut causer des sensations de brûlure sur les doigts, si on n’utilise pas de gants. En revanche, nombre d’espèces produisent des tubercules riches en amidon, et certaines sont une source alimentaire importante pour l’homme.

Le parfum des Aracées : bien que l’odeur qu’on leur associe le plus souvent à cette famille soit celle de la viande avariée comme chez Dracunculus vulgaris ou le gigantesque Amorphophallus titanum qui attirent les mouches à viande pour sa pollinisation, certains peuvent dégager une odeur bien plus agréable, tel Arisaema candissimum qui dégage une délicate odeur vanillée ; d’autres espèces sont inodores pour nous, humains.

Quelques plantes appartenant à la famille des Aracées

Les Aracées rassemblent environ 2000 espèces, dont certaines ne sont pas décrites,  réparties en environ 110 genres.

La grande diversité au sein de la famille des Aracées rend sa classification un peu nébuleuse et compliquée. En effet, les sous-familles ou tribus sont parfois liées à des détails peu visuels ou même internes comme la présence ou non de latex.

La classification phylogénique les divise en 7 sous-familles :

  1. les Gymnostachyoideae, genre Gymnostachys
  2. les Orontioideae, genres Orontium, Lysichiton, symplocarpus..
  3. les Pothoideae, genres Monstera, Rhaphidophora, Spathiphyllum, Anthurium, Pedicellarum, Pothos...
  4. les Lasioideae, Lasia, Dracontium,
  5. les Calloideae, Zamioculcas, Caladium
  6. les Aroideae, dont les genres Arum, Calla, Biarum, Dracunculus, Arisaema, Pinellia, Arisarum...
  7. les Acoroideae, qui contient le genre Acorus, mais qui pourrait être placés dans une famille distincte.

Utilisation des Aracées

La famille des Araceae a une grande importance économique, notamment du point de vue de l’alimentation : dans les climats tropicaux et subtropicaux, les genres Colocasia (Colocasia esculenta, letaro), Alocasia, Cyrtosperma, Amorphophallus, Xanthosoma (le tanier) fournissent une nourriture de base à partir de leurs tubercules riches en féculents. Les inflorescences de Monstera sont aussi consommées.

Les Aracées tropicales sont cultivées aussi en tant que plantes d’appartement fleuries, spathiphyllum, anthurium, dieffenbachia, Zamia, caladium, ou plantes de fleuristerie : calla, anthurium, arum blanc.

Les philodendrons et les dieffenbachias sont couramment cultivés pour leur facilité d’entretien en intérieur, et  leur feuillage luxuriant  car elles  ne fleurissent que rarement.

Les Alocasias,  sont plus typiques en forme de la famille et font de superbes et parfois géantes plantes en pot.

Quelques genres des régions tempérées font  de très originales plantes de jardins, souvent peu courantes, parfois un peu délicates à cultiver, mais surtout peu connues ou longues à multiplier. Elles sont donc assez coûteuses.   Ainsi le genre Arisaema, ou des Arums autres que celui d’Éthiopie sont parfois offerts par les jardineries au rayon bulbe.

Les lysichitons, acores, bougies d’eau (Orontium aquaticum) et laitues d’eau (Pistia) sont des plantes de bassin.

Les aquariophiles connaissent bien les Crytocorynes et les Anubias, qui font partie des plantes les plus durables et résistantes pour végétaliser les aquariums.

Nos fiches de culture

Acorus

Aglaonema

Alocasia

Anthurium

Arisaema

Arisarum

Arum

Dieffenbachia

Dracunculus

Dypsis

Monstera

Orontium

Philodendron

Pistia

Scindapsus

Spathiphyllum

Syngonium

Zamioculcas

Zantedeschia

Lire aussi
La plante au bon endroit La plante au bon endroit

Si les plantes ont des qualités d'adaptation hors du commun, planter une exotique en montagne ou un résistant à l'intérieur c'est contre nature ! Soleil, vent, type de sol, froid, arrosage... en...

Comment protéger une plante exotique l'hiver ? Comment protéger une plante exotique l'hiver ?

Difficile de ne pas succomber à une belle plante exotique dans son jardin, mais si vous n'habitez pas une région au climat doux, une protection hivernage s'impose ! Nous prendrons ici, l'exemple...

Le bambou, une plante facile à vivre Le bambou, une plante facile à vivre

Muriel NEGRE, présidente et propriétaire de LA BAMBOUSERAIE nous présente les bambous et nous conseille sur leur culture. La bambouseraie est un parc très ancien construit en 1956 par Eugène Mazel,...

L'ortie, une plante à tout faire L'ortie, une plante à tout faire

Sa mauvaise réputation lui a valu pendant des années un arrachage systématique dans nos jardins. Considérée comme une mauvaise herbe, qui plus est urticante, l'ortie regorge pourtant de trésors...