Brassicacées, Crucifères / Brassicaceae

Corbeille d'or, Alyssum saxatile
Corbeille d'or, Alyssum saxatile

La famille des Brassicacées ou crucifères est importante pour l’homme avec ses nombreuses plantes alimentaires : légumes, condiments, huile, plantes sauvages comestibles... Malgré une grande diversité de formes, les Brassicaceae sont faciles à reconnaître par leurs fleur et fruit typiques.

Les plantes populaires : chou (Brassica oleracea), navet (Brassica rapa), radis (Raphanus sativus), colza (Brassica napus var. oleifera), crambe (Crambe cordifolia), moutarde (Brassica  juncea), roquette (Eruca sativa), giroflée (Erysimum cheiri)...

Les Brassicaceae ou Cruciferae (crucifères) sont des plantes à fleurs dicotylédones appartenant à l’ordre des brassicales. Annuelle, bisannuelles ou vivaces, le plus souvent herbacées, mais parfois arbustives, les Brassicacées sont importantes pour l’homme : elles sont productrices d’huiles, de plantes potagères ou condimentaires, de fourragères, de plantes ornementales, médicinales ou encore en tant qu’adventices des cultures, plantes de laboratoire, OGM... Les Brassicacées sont une famille ancienne, mais évoluée, homogène et diversifiée, adaptée à de nombreux milieux de vie.

Place de la famille parmi les autres

Curieusement, ce grand groupe de plantes est à la fois homogène et isolé parmi les autres familles. Les Brassicacées descendent d’un ancêtre commun apparu il y a 20 millions d’années qui a donné lieu ensuite à 2 ou 3 lignées, on les considère donc comme étant une famille naturelle.

Les familles qui restent les plus proches et qui descendent d’un probable ancêtre commun sont celles des Capparacea et Cleomaceae (genre Cleome).

Distribution

La famille des Brassicacées est cosmopolite : elle se retrouve à travers le monde entier à l’exception de l’antarctique, mais est plus présente dans l’hémisphère nord où elle s’est spécialisée dans les climats tempérés. Les espèces de Brassicacées sont cependant plus concentrées dans les pays autour de la méditerranée. À l’inverse, elles sont bien moins fréquentes en hémisphères sud et rares en climat tropical.

Les Brassicacées ont adopté tout type de milieux de vie, de celui pierreux, voire saxicole jusqu’en haute montagne aux prairies humides ou sèches, elles sont même rarement grimpantes (Heliophyla scandens) ou aquatiques (Subularia aquatica).

On pense que leur berceau se situe du côté du plateau iranien (eurasiatique) qui accueille plus de 900 espèces dont 530 sont endémiques. Rien que dans notre flore française nous ne comptons pas moins de 78 genres de Brassicacées.

Caractères généraux des Brassicacées

Les Brassicaceae montrent des feuilles simples, mais diversement découpées, alternes sur une tige ou en rosette, parfois dense (genre alpin Draba).

Ces feuilles sont généralement sans stipules et parfois couvertes de poils dont la forme peut être utile pour déterminer une espèce. Parfois les tiges peuvent devenir épineuses (genre Vella, Alyssum).

Les inflorescences, souvent dépourvues de bractées, sont en panicules ou en corymbes. Mais par exemple, la tribu des Thelypodieae montre des inflorescences très allongées, atypiques.

Les fleurs sont plutôt petites, mais colorées et groupées afin d’attirer les insectes. En dehors de quelques exceptions, elles sont régulières et comportent des cercles à 2 segments : un calice à 4 sépales, une corolle à 4 pétales disposés en croix, un androcée avec 2 étamines courtes et 4 étamines plus longues soit toujours 6 étamines et un ovaire supère à 2 carpelles soudés.

Les fruits sont des siliques ou des silicules (selon leur longueur par rapport à leur largeur), en revanche l’organisation du fruit et des graines est très diversifiée et permet de différencier les espèces. Par exception, 13 espèces n’ont pas de fruits en silique ou silicule.

Les Brassicacées sont pollinisées par les insectes et ont souvent mis au point des stratagèmes pour éviter l’autopollinisation.

Elles possèdent des composés chimiques particuliers (120 glucosinolates différents) qui leur servent à éviter la prédation par les insectes. Ce sont ces composés qui sont à l’origine de la saveur piquante des graines de moutarde et du goût si particulier des choux ou du radis.

Cependant, une coévolution a permis à certains insectes (par exemple les piérides du chou) de se spécialiser pour pouvoir les consommer tout de même, créant des couples plante/insecte prédateur indissociables. Certains insectes sont devenus ainsi dépendants, spécialisés d’espèces de Brassicacées hôte.

Les graines de Brassicacées ont une bonne durée de vie dans le sol, ce qui rend les plantes invasives comme l’alliaire (en Amérique) ou certaines moutardes assez agressives.

Détermination d’une brassicacée sauvage : les Brassicaceae sont des plantes typiques par leur fleur et leur fruit. Les plantes sauvages sont faciles à classer dans leur famille. En revanche, au sein d’une flore, la détermination de l’espèce est moins évidente et demande de disposer à la foi des fleurs comme des fruits pour trouver l’espèce précisément.

Les plantes appartenant à la famille des Brassicacées

Les Brassicacées sont des plantes annuelles (monnaie du pape, colza), bisannuelles (chou, giroflée) ou vivaces  herbacées (Aubrietta), des sous-arbrisseaux (thlaspi vivace, Aethionema) ou plus rarement de véritables arbustes (Hormatophylla, Euzomodendron, Vella). Une espèce connue à ce jour est grimpante et mesure 3 m de haut, Heliophyla scandens.

La famille des Brassicacées est composée de plus de 4000 espèces regroupées en 372 genres, répartis en 25 à 49 tribus.   Bien que très étudiées, les divisions en tribus sont très discutées et leur statut est non fixé.

Exemples de tribus originales et étonnante parmi les Brassicacées

  • la tribu des Thelypodieae, considérée comme primitive : genres Thelipodium, Stanleya, Caulanthu, Streptanthus et Streptanthella... Ex Thelypodium laciniatum, étonnante plante nord-américaine aux larges et très longs épis dressés de fleurs blanches.

  • autre tribu : les Hesperideae, qui regroupe quelques-unes des espèces utilisées comme plantes ornementales : Matthiola, Cheiranthus les giroflées, ou Hesperis matronalis la julienne des Dames

Utilisation des Brassicacées

Légumes et plantes comestibles

En fait, presque toutes les plantes  sauvages de la famille des Brassicaceae peuvent être éventuellement consommées, sauf quelques rares toxiques comme la giroflée des murailles (Cheiranthus cheiri), mais dont l’amertume naturelle évite les empoisonnements. Ainsi en tant que plantes sauvages comestibles, les Brassicacées sont difficilement détrônables. Néanmoins, il faudra toujours consommer ces plantes sauvages avec modération, car en  grande quantité, elles peuvent devenir indigestes ou irritantes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle de nombreuses espèces de Brassicacées sont été sélectionnées en tant que plante potagère (perdant leurs composés irritants).

Ex de plantes sauvages à cuisiner et à accueillir éventuellement dans son jardin :

  • le diplotaxis, une plante côtière Diplotaxis erucoides
  • l’alliaire officinale, Alliaria petiolata
  • la capselle bourse-à-pasteur, Capsella bursa-pastoris
  • la Cardamine des prés, Cardamine pratensis
  • la Cressonnette, Cardamine hirsuta
  • la grande passerage, Lepidium latifolium
  • la moutarde noire, Brassica nigra
  • la roquette,  Diplotaxis tenuifolia
  • le tabouret des champs ou monnoyère, Thlaspi arvense

Les Brassicacées nous permettent de cultiver au potager une extraordinaire diversité de légumes, tels les choux. Chaque type de choux (rave, pomme, chinois, broccolis, de Bruxelles...) est de plus, décliné en de multiples variétés. Les choux potagers existent d’ailleurs dans la littérature depuis -400 av. J.-C..

Autres légumes en dehors des choux : les navets (Brassica rapa), les rutabagas (Brassica napus), les radis, le cresson alénois (Nasturthium officinale), la roquette cultivée...

En condiments

Les graines écrasées avec de l’eau de Sinapis alba, Brassica nigra et Brassica juncea ont un goût puissant et piquant utilisé pour faire la moutarde. À noter que les feuilles de moutarde noires sont utilisables fraîches également.

Armoracia rusticana donne le raifort et Eutrema wasabi donne le Wasabi japonais.

Colorant naturel

Le pastel des teinturiers (Isatis tinctoria) est un colorant naturel textile bleu et produit l’indigo. Moins utilisé, il est détonné aujourd’hui par l’indigotier.

Dépollution

Les Brassicacées ont une tendance à concentrer les métaux lourds particulièrement le nickel et le zinc. Ils peuvent donc être utilisés dans l’assainissement du sol : en récoltant les parties vertes de plantes à développement rapide chaque année et en l’exportant, le taux de métal diminue dans le sol.

À l’inverse, il vaut mieux éviter de consommer des Brassicacées provenant d’un sol pollué en métaux lourds.

Engrais vert

Sinapis alba, la moutarde blanche est un engrais vert à utiliser l’hiver.

Plantes oléagineuses

Au moins 3 plantes sont cultivées pour leur production d’huile :

  • Brassica napus, le colza, cultivé entre autres en France pour faire de l’huile de colza, excellente en salade.
  • Brassica oleracea, dont la graine contient jusqu’à 50 % d’huile, produit une huile alimentaire
  • Camelina sativa : la cameline ou  le sésame d’Allemagne

Plantes ornementales

De nombreuses plantes ornementales appartiennent à la famille des Brassicacées. Les annuelles ou bisannuelles font d’ailleurs d’excellentes plantes qui se ressèment d’année en année sans aucun travail : dans cette catégorie, nous trouvons le thlaspi annuel, la julienne des dames, la monnaie du pape, l’alysse, et plusieurs espèces de giroflées. Elles sont faciles, florifères et attirent de nombreux insectes pollinisateurs (genres Erysimum, Iberis, Lobularia, Alyssium, Malcolmia et Matthiola).

Parmi les vivaces populaires, nous avons la corbeille d’argent Iberis sempervirens, les aubriettes. Lorsqu’on se spécialise en rocaille, de délicates crucifères en coussinet viennent agrandir la liste : ex Draba ossetica, Draba hispanica...

Matériel de laboratoire

Les Brassicacées sont également un matériel de laboratoire, telle l’espèce, Arabidopsis thalianna ou arabette des dames, une minuscule plante européenne considérée comme adventice ;  ses gènes ont été étudiés en long et en large.

À noter que les Brassicacées font l’objet de manipulations génériques (OGM) dans le but de leur donner une résistance au round-up ou aux insectes ravageurs. Cependant, les gènes des Brassicacées sont spécialistes des transferts sur des plantes sauvages apparentées, ce qui fait envisager à long terme une pollution génétique avec des plantes adventices débarrassées de leurs prédateurs et résistantes aux glyphosates.

Nos fiches de culture

Alyssum

Arabis

Armoracia

Aubrieta

Brassica

Cardamine

Crambe

Diplotaxis

Eruca

Erysimum

Erysinum

Iberis

Lepidium

Lunaria

Matthiola

Morisia

Nasturtium

Raphanus

Sinapis

Wasabia

Lire aussi
Petits conifères bleus - Portrait de famille Petits conifères bleus - Portrait de famille

Il existe une quantité impressionnante de cultivars de conifères à feuillage plus ou moins bleuté. Voici une sélection des meilleures formes qui sont proposées par les pépiniéristes. Les cèdres...

Les géraniums vivaces, portrait de famille Les géraniums vivaces, portrait de famille

Les géraniums vivaces forment une vaste famille, petit tour d'horizon par thémes. Les plus opulents Geranium x cantabrigiense. Hybride de Geranium macrorrhizum x Geranium dalmaticum, obtenu en 1974...

Camélia: portrait de famille Camélia: portrait de famille

Achetez votre camélia en fleurs pour choisir les plus belles fleurs. Renseignez-vous sur ses caractéristiques en gardant à l’esprit l’utilisation que vous voulez en faire. Il y a une...

Hortensia paniculé, portrait de famille Hortensia paniculé, portrait de famille

Originaires d’Asie et introduits en Europe à la fin du 19e S, les hortensias paniculés ou Hydrangea paniculata sont des arbustes robustes et vigoureux dont les lourdes grappes de fleurs font...

Vos commentairesAjouter un commentaire